"Autour de la résilience" : morceaux choisis

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RESILIENCE : MORCEAUX CHOISIS


- « Ressort moral, qualité d’une personne qui ne se décourage pas, ne se laisse pas abattre ».
John Bowlby

- « La résilience est la capacité d’une personne ou d’un groupe à se développer bien, à continuer à se projeter dans l’avenir en dépit d’événements déstabilisants, de conditions de vie difficiles, de traumatismes parfois sévères ».

- « A chaque instant, la résilience résulte de l’interaction entre l’individu lui-même et son entourage, entre les empreintes de son vécu antérieur et le contexte du moment en matière politique, économique, sociale, humaine ».

- « La résilience ne signifie ni absence de risque, ni protection totale. Elle n’est pas davantage acquise une fois pour toutes ».
Michel Manciaux, Stefan Vanistendael, Jacques Lecomte, Boris Cyrulnik

- « La résilience n’est pas une qualité fixe, mais varie selon le moment et les circonstances ».

- « La résilience est un tricot qui noue une laine développementale avec une laine affective et sociale.... C’est un maillage. Nous sommes tous contraints de nous tricoter avec nos rencontres dans nos milieux affectifs et sociaux ».
Boris Cyrulnik

- « La résilience n’est pas un état mais un processus ».

« Lorsqu’il reconnaît la gravité du tort causé et qu’il regrette son acte, le coupable facilite énormément le parcours de résilience de sa victime ».

- « Une personne ou un groupe humain qui a subi un traumatisme important ne peut plus revenir à un statut antérieur comme si rien ne s’était produit. Etre résilient ne signifie pas repartir à zéro, mais plutôt apprendre de l’expérience et en tirer une leçon de vie. La mémoire joue un rôle important dans ce processus ».
Jacques Lecomte

- « Etre résilient ne signifie pas rebondir au sens strict du terme, mais croître vers quelque chose de nouveau... Rebondir vers un état initial est ici impossible, il s’agit plutôt de bondir en avant, d’ouvrir des portes sans nier le passé douloureux, mais en le surmontant ».
Stefan Vanistendael et Jacques Lecomte

- « Renforcer la résilience de l’enfant implique non seulement une intervention centrée sur ses besoins en tant qu’individu (thérapie, groupes d’expression, rattrapage scolaire, etc...) : cela implique aussi de renforcer la résilience de ses parents et de sa communauté ».

- « Sans référence éthique, tout comportement de survie peut être considéré comme expression de résilience, même si c’est au détriment de l’autre. En pratique on a intérêt à poser une double référence éthique : le bien-être de soi même et le bien-être de l’autre... L’absence de référence éthique ouvre la porte à tous les dérapages... ».

- « La résilience commence d’ailleurs souvent avec un minimum de santé et de soins physiques ».
Stefan Vanistendael

- « La résilience nous convie à positiver notre regard sur autrui et à changer nos pratiques, en commençant peut-être par mieux observer, identifier, utiliser les ressources propres de ceux dont nous avons à prendre soin ».
Stanislaw Tomkiewicz et Michel Manciaux

- « On pourrait dire d’une manière pittoresque que les notions de vulnérabilité et de population à risque décrivent la partie vide la bouteille, celle de la résilience nous rappelle l’existence d’un partie pleine et nous invite à la mettre en valeur ».

- « La résilience ne s’apparente pas à une invulnérabilité qui supposerait de tout supporter sans dommage ».

- « Il était tellement plus facile d’être résilient dans une Europe d’après guerre, exsangue mais optimiste et dynamique, que de l’être aujourd’hui dans les pays d’Afrique en proie à la recession et aux guerres fratricides qui s’éternisent ».

- « Mais la résilience mal comprise peut apporter une justification théorique à la réduction, voire à la suppression de toute politique sociale ».

- « ...Chaque qualité peut devenir un défaut : la résilience et l’estime de soi dégénèrent en arrogance, en mépris de ceux qui ont moins bien réussi ; l’humour se transforme en ironie malveillante, en sarcasmes parfois méchants ; l’effort de donner un sens à la vie engendre le dogmatisme, le sectarisme, voir même le fanatisme et l’intégrisme ».
Stanislaw Tomkiewicz

- « ... La promotion de la résilience est un point fondamental pour le développement de tout programme humanitaire. Trop longtemps, les agences qui finançaient et mettaient en œuvre des programmes en ont pris le contrôle par l’intermédiaire de leurs experts. Ces programmes sont bâtis à grands frais et sombrent corps et bien au moment du départ des agences : à moins qu’ils ne soient clairement la propriété de la communauté qui les organise et les dirige, ils ne sont pas viables. C’est seulement par la promotion de la résilience, la mise en capacité des individus et des communautés pour prendre le contrôle de leur propre vie et surmonter l’adversité qu’un programme à long terme peut se développer ».
Shirley W. Fozzard

- « A la limite, la pression sociale n’a plus d’importance : ceux qui sont « résilients » rebondiront, les autres pourront toujours avoir affaire au psychologue, au psychiatre ou à un « tuteur » éventuellement bénévole ».

- « ...Non seulement le « résilient » peut devenir une source de traumatismes graves pour les autres, y compris sa propre famille, mais il peut même parfois déployer une grande énergie destructrice ».

- « En pratique, pas plus que l’on ne peut savoir si une guérison apparente est stable ou pas, on ne peut déterminer à quoi correspond un altruisme apparent chez une personne qui a vécu un traumatisme. Il peut en effet résulter d’un dépassement réussi de celui-ci, mais aussi de la mise en sommeil d’une haine inextinguible pouvant conduire, plus tard, à réaliser un acte de violence inexplicable comme moyen de rendre vie à cette partie de soi à laquelle on n’a jamais voulu renoncer ».
Serge Tisseron

- « Les aventures stressantes qui nous arrivent peuvent jouer un rôle destructeur, selon leur intensité, mais ce qui compte le plus, c’est le sens que nous donnons à ces événements pathogènes ».
Michel Lemay


- Autour de la résilience

- Programme du colloque

- La coopération santé et développement social

publié le 02/11/2007

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