Colloque : "Quelle universalité des valeurs ?"

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Le Consulat Général de France à Jérusalem, en partenariat avec les Universités An-Najah, Al-Quds et Bir Zeit, organise les 3, 4 et 5 novembre 2008 un colloque autour de la question : « Quelle universalité des valeurs ? ». Trois journées de rencontres, ouvertes au public, se dérouleront tour à tour dans ces trois universités, la thématique générale se trouvant déclinée dans chaque lieu de manière sensiblement différente, en fonction des champs disciplinaires des intervenants, de la théologie au droit international en passant par la philosophie des sciences.

D’éminents chercheurs et intellectuels français et palestiniens de différents horizons questionneront ensemble la possibilité de définir un lieu de l’universel, un mode de convergence des valeurs, au-delà de la particularité des systèmes de références. Cette initiative du Consulat Général s’inscrit dans le cadre de la présidence française de l’Union Européenne et prend un sens particulier quelques semaines avant la célébration du soixantième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

L’organisation de ces rencontres promeut un rapprochement entre les centres de recherche et les institutions françaises, européennes et palestiniennes représentées par les différents intervenants. Elle sera l’occasion de donner la parole à des personnalités reconnues pour leur connaissance approfondie de la question palestinienne. Elle permettra également de favoriser le développement des échanges entre invités français et universitaires palestiniens dans le cadre de coopérations existantes.

En marge de ces journées, les invités français proposeront des interventions sur des sujets plus spécifiques : le philosophe Alexandre Jollien présentera notamment à l’Ecole Biblique et Archéologique Française sa réflexion sur les contingences de la corporéité, sous forme d’un Eloge de la faiblesse, titre de son premier ouvrage.

Ouvertes au public, ces rencontres témoignent de l’engagement de la coopération française et européenne dans le champ du débat d’idées.

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- Programme

Lundi 3 novembre, Université An-Najah (Salle de conférences de l’Institut coréen) : « D’une culture à l’autre, quelles valeurs partager ? »

9h - Accueil

9h15 - Ouverture

9h30 - Première session : Alexandre Jollien, P. Jamal Khader

11h30 – Seconde session : Gérard Toulouse, Zuhair al-Dubbei


Mardi 4 novembre, Université Al-Quds (Grand Amphithéâtre, Campus d’Abu Dis) : « L’universalité des droits de l’homme »

9h - Accueil

9h15 - Ouverture

9h30 - Première session : Rostane Mehdi, Mohammad Shalaldeh

11h15 – Seconde session : Gérard Toulouse, Ibrahim Shaban


Mercredi 5 novembre, Université de Bir Zeit (Institut de Droit, salle 317, 1er étage) : « Universalité des valeurs et expérience palestinienne »

9h - Accueil

9h15 - Ouverture

9h30 - Première session : Mudar Kassis, Monique Chemillier-Gendreau, Firas Milhem

11h45 – Seconde session : Rostane Mehdi, Sameeh Hammoudeh


-  Biographies des intervenants

Monique Chemillier-Gendreau

Monique Chemillier-Gendreau est née en 1935 à Madagascar. Agrégée de droit public et de science politique en 1966, elle a enseigné à l’Université de Reims. Professeur émérite de droit international à l’Université Paris VII-Denis Diderot, elle est membre du laboratoire Sociétés en Développement dans l’Espace et le Temps (SEDET), associé au Centre National de Recherche Scientifique, et membre du Directoire du Centre d’Etudes du Vivant.
Elle a participé à diverses procédures devant des tribunaux arbitraux et devant la Cour Internationale de Justice. Membre du Tribunal Permanent des Peuples (Fondation Lelio Basso) et consultante auprès de l’Unesco, elle a contribué à fonder en mai 1993 l’Association Européenne des Juristes pour la Démocratie et les Droits de l’Homme dans le Monde. Elle a effectué à l’étranger de nombreuses missions, relatives notamment aux droits de l’homme.
Monique Chemillier-Gendreau a notamment publié : Le rôle du temps dans la formation du droit international (1987), Humanité et souverainetés. Essai sur la fonction du droit international (1995), L’injustifiable. Les politiques françaises de l’immigration (1998) et Droit international et démocratie mondiale : les raisons d’un échec (2002).

Zuhair al-Dubbei

Zuhair Saadat Al-Dubbei (Abou Islam) est né à Naplouse en 1949. Ecrivain et sociologue, il a publié plusieurs ouvrages sur Naplouse, la réforme de la pensée de l’Islam et la résistance pacifique, qu’il définit comme une résistance constructive.
Incarcéré à huit reprises, il a effectué son premier séjour dans les prisons israéliennes en 1967, et a notamment été détenu pendant une période de sept ans entre 1970 et 1977. Premier représentant des détenus dans l’ancienne prison centrale de Naplouse entre 1975 et 1977, il est également le premier imam à avoir célébré la prière du vendredi en prison.
Cette posture d’interventionnisme est notoire dans son parcours, caractérisé par son aspect atypique. Officiellement nommé imam en 1979, Zuhair Al-Dubbei consacre plusieurs années à cette occupation, prônant un islam ouvert et moderne. Il poursuit parallèlement un cursus académique de science politique, de sociologie et de journalisme à l’Université An-Najah. En 1992, il fonde le premier journal local palestinien, l’hebdomadaire Nablus, qu’il a réussi à publier pendant quatre ans.
Directeur du ministère du Waqf dans le district de Naplouse de 1998 à 2007, il se consacre aujourd’hui à son activité d’écriture : il publie régulièrement des articles et critiques dans différents journaux et revues palestiniens et arabes, autour d’une pensée contemporaine de l’islam et de la prévention de la violence.

Sameeh Hammoudeh

Né en 1960 en Jordanie, Sameeh Hammoudeh, doctorant en anthropologie appliquée, a obtenu un master de Science Politique en 1996 aux Etats-Unis (University of South Florida). Durant son séjour aux Etats-Unis, il a occupé des responsabilités académiques à l’Académie islamique de Floride, jusqu’en 2002.
Maître de conférence aux départements de science politique et d’anthropologie de l’Université Bir Zeït, Sameeh Hammoudeh est directeur du département de Science Politique.
Auteur de nombreux articles et ouvrages, il a notamment publié, en langue anglaise, Awareness and Revolution : Study in the life of Sheikh Izzadin Al-Qassam (1985). Ses travaux récents, qui ont donné lieu à des publications en langue arabe, s’inscrivent dans le champ d’une socio-anthropologie de l’islam et d’une histoire politique contemporaine de la Palestine.

Alexandre Jollien

Né en 1975 à Savières, en Suisse, Alexandre Jollien est écrivain et philosophe. Il est licencié de philosophie de l’Université de Fribourg, et a également étudié au Trinity College à Dublin, où il a appris le grec ancien. Atteint depuis sa naissance d’athétose, une infirmité motrice cérébrale, sa philosophie s’intéresse au rapport de l’homme à son corps, à la dimension dialectique de cette relation, et au pouvoir de la dialectique pour comprendre et dépasser les contingences de la corporéité. Exégète des philosophes antiques et amoureux de la dialectique, il a su ouvrir des voies nouvelles, puisées aux sources de ses souffrances et de son combat contre les pesanteurs du handicap.
Invité à de nombreux séminaires et colloques, il participe régulièrement à des débats télévisés durant lesquels il tente sans cesse de recentrer les pensées sur les prolégomènes de l’évidence et du bon sens.
Son premier ouvrage, Eloge de la faiblesse, publié en 1999, a obtenu le prix Mottart de l’Académie française de soutien à la création littéraire et le prix Montyon 2000 de littérature et de philosophie. Il a depuis publié Le Métier d’homme, en 2002, et La Construction de soi, en 2006.

Mudar Kassis

Né en Jordanie en 1963, scolarisé à la Friends’ Boys School de Ramallah, Mudar Kassis a suivi des études de philosophie jusqu’à l’obtention du doctorat à l’Université de Moscou en 1992.
Professeur au Département de Philosophie et d’Etudes culturelles de l’Université Bir-Zeït depuis 1992, qu’il a dirigé de 1999 à 2001, il a également dirigé l’Institut de Droit de l’Université Bir-Zeït de 2001 à 2006.
Mudar Kassis occupe des responsabilités académiques dans différentes institutions palestiniennes : membre du Comité de direction du Jerusalem Center for Legal Aid and Human Rights (depuis 1996), il est également chercheur associé à Muwatin, l’Institut palestinien pour l’étude de la démocratie (depuis 1999) et directeur de recherche au Palestinian Center for Policy and Survey Research.
Impliqué dans différents projets de recherche et de publications, il est l’auteur de nombreux articles et ouvrages, autour de thématiques liées à la société civile, à la démocratie, à la culture et à la civilisation arabes.

Jamal Khader

P. Jamal Khader est né à Zababdeh (Palestine) en 1964 ; il a étudié au Séminaire Patriarcal Latin à Beit Jala. Ordonné prêtre en 1988, après quelques années de travail pastoral en Palestine et Jordanie, il a obtenu une licence en Théologie Dogmatique à l’Université Pontificale Grégorienne (1996), et le doctorat en 1999 de la même université. Sa thèse de doctorat, publiée en 2000, est une étude du dialogue officiel entre l’Eglise Catholique et l’Eglise Orthodoxe.
P. Jamal Khader enseigne la théologie dogmatique au Séminaire Latin à Beit Jala, et à l’Université Catholique de Bethléem. Responsable du Département des Etudes Religieuses depuis 2003, il est depuis 2008 doyen de la Faculté de Lettres à l’Université Catholique de Bethléem.

Rostane Mehdi

Né à Alger en 1965, Rostane Mehdi, agrégé des Facultés de Droit, est professeur de droit public à l’Université Aix-Marseille III. Spécialiste de droit communautaire, il est titulaire d’une chaire Jean Monnet et enseigne au Collège d’Europe de Bruges depuis 2002. Il a été président de la Commission pour l’étude des communautés européennes de 2001 à 2005.
Rostane Mehdi dirige actuellement le Centre d’Etudes et de Recherches Internationales et Communautaires (CERIC) ainsi que le Master de droit international et européen à l’Université Aix-Marseille III. Outre divers mandats et responsabilités universitaires, il a siégé pendant trois ans au sein du Comité national de la recherche scientifique. Il est aujourd’hui délégué scientifique à l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur.
Il est également (ou a été) membre du groupe d’experts sur le projet d’Union de la Méditerranée (Institut de la Méditerranée, 2007), membre du conseil scientifique de la Fondation méditerranéenne d’études stratégiques, membre du Groupe de travail du Conseil d’Etat sur « l’insertion des normes communautaires en France » (2006), membre du Groupe des Sages sur le dialogue des Peuples et des Cultures dans le bassin méditerranéen, nommé par le Président Romano Prodi (2003).
Auteur de nombreux articles et ouvrages, Rostane Mehdi a notamment publié Justice communautaire : enjeux et perspectives (1999), Institutions européennes (2007).

Firas Milhem

Né en 1970, Firas Milhem, juriste, a commencé son cursus universitaire à Fez (Maroc), avant de poursuivre sa formation à l’Institut de droit de l’Université Bir-Zeït (Ramallah). Il a soutenu sa thèse de doctorat en 2004, consacrée à l’étude des sources du droit palestinien, à la Vrige Universiteit Brussel (VUB).
Maître de conférences à la Faculté de Droit de l’Université Bir-Zeït, il est également vice-doyen de la Faculté de Droit et d’Administration publique, et chercheur à l’Institut de Droit.
Conseiller juridique auprès du Ministère de l’Intérieur palestinien, Firas Milhem publie régulièrement articles et études dans des revues palestiniennes et internationales, ainsi que pour des organismes internationaux.

Ibrahim Shaban

Né à Jérusalem en 1946, Ibrahim Shaban, après un cursus universitaire en Egypte (Université du Caire) et au Royaume-Uni (Bradford University), est maître de conférence à la Faculté de Droit de l’Université Al-Quds.
Spécialisé en droit public et en droit international, ses contributions portent également sur la démocratie et les droits de l’homme, et laissent une large place aux questions liées à la situation palestinienne (sources palestiniennes du droit et institutions juridiques palestiniennes, gestion administrative, libertés civiles et religieuses, occupation, colonisation, statut de Jérusalem, logement et planification urbaine, élections…).
Avocat membre du barreau palestinien et du barreau jordanien, Ibrahim Shaban occupe des fonctions de conseil et de recherche dans plusieurs organismes palestiniens : membre du directoire du Centre palestinien des Droits de l’Homme, président du Conseil d’Administration de la Société d’Etudes Arabes (Jérusalem), il est également membre du Comité consultatif pour l’unification du droit palestinien et consultant auprès du Comité pour l’unification du code de procédure civile de Gaza et de Cisjordanie.
Auteur de nombreux articles et études, il a notamment publié, en arabe, La première année de la première intifada à la lumière du droit international (1989), et Le massacre d’Al-Aqsa et le rapport Zamir (1991).

Mohammad Shalaldeh

Mohammad Shalaldeh est né en 1955 à Saïr, près d’Hébron. Spécialiste de droit international public, il a soutenu sa thèse de doctorat en 1987 à l’Université d’Etat de Bakou, en Azerbaïdjan, une étude de l’activité diplomatique de l’OLP au regard des principes du droit international. Il a obtenu un master de la même université en 1983, et a consacré son travail de recherche à une confrontation des fondements idéologiques et de l’action du mouvement sioniste aux principes du droit international. Avocat membre des barreaux jordanien et palestinien, Mohammad Shalaldeh a enseigné dans plusieurs universités palestiniennes, à Hébron, Ramallah et Jérusalem.
Doyen de la Faculté de Droit de l’Université Al-Quds depuis 2005, professeur de droit international public et directeur de recherche, il est également vice-président du Conseil Académique palestinien, membre du Comité consultatif pour le Droit dirigé par le président Mahmoud Abbas, membre de l’Association égyptienne de droit international et membre fondateur du Forum du Droit international de Latakie (Syrie).
Auteur de nombreux articles et ouvrages, il a récemment publié un manuel de droit international humanitaire, en langue arabe (2006).

Gérard Toulouse

Né en 1939, Gérard Toulouse, agrégé de sciences, est directeur de recherche à l’École normale supérieure à Paris.
Physicien théoricien, ses travaux portent sur la physique de la matière condensée, la physique statistique des systèmes frustrés et désordonnés, les sciences de la cognition. Les travaux de Gérard Toulouse s’enrichissent d’une réflexion continue sur l’éthique des sciences et de la technologie. Dans le champ de l’éthique des sciences, il a notamment publié Regards sur l’éthique des sciences (1998), Les scientifiques et les droits de l’homme, avec Lydie Koch-Miramond (2003) et Quelle éthique pour les sciences ?, avec Guillemette de Véricourt (2005).
Membre de nombreuses sociétés savantes, il est notamment membre correspondant de l’Académie des Sciences depuis 1990, membre fondateur de la Commission des Droits de l’Homme de la Société Française de Physique (1990), membre depuis 1999 du Comité permanent sur Science et Ethique (Alliance européenne des académies), qu’il a présidé de 2001 à 2006, membre fondateur de l’Académie des Technologies (2000), membre de l’Académie européenne des Sciences, des Arts et des Lettres (depuis 2003) et, depuis 2005, membre de l’Académie de Palestine pour la Science et la Technologie.

publié le 18/11/2008

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