Discours du Consul Général à l’ouverture du colloque franco-palestinien à l’Université de Birzeit

Bir Zeit, 3 novembre 2009

Monsieur le Président de l’Université de Bir Zeit, Cher Nabil Qassis,

Je voudrais tout d’abord vous remercier pour votre présence à l’ouverture de ce colloque, qui témoigne de votre intérêt et de votre amitié, de même que pour les propos positifs que vous avez tenus sur notre coopération. Soyez assurés qu’avec l’ensemble de l’équipe du Consulat général, je veillerai tout particulièrement au renforcement de cette coopération et à la poursuite d’échanges tels que ceux que va permettre la Conférence que nous inaugurons ce matin.

Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

Le colloque qui s’ouvre aujourd’hui est important à plusieurs titres. De par les acteurs qu’il met en relation, de par son thème, naturellement, et de par son esprit, enfin.

D’abord, nous avons souhaité l’organiser avec deux universités palestiniennes prestigieuses, avec lesquelles nous entretenons depuis de nombreuses années des relations d’amitié et de travail que je n’hésiterai pas à qualifier d’exceptionnelles.

Ici même, à Birzeit, la France a soutenu la création de l’Institut de Droit – comme vient de le rappeler son directeur Ghassan Faramand - puis le lancement de la Faculté de Droit et d’Administration publique. Permettez-moi d’ailleurs de saluer la présence à cette tribune de son nouveau doyen, Saleh Abdel Jawwad. Cette faculté est appelée à jouer un rôle important dans la construction des institutions nationales palestiniennes, en fournissant au futur Etat de Palestine une partie des cadres de haut niveau dont il aura un besoin vital. Mais la France collabore aussi avec Birzeit dans d’autres domaines que le droit : le français, les mathématiques, la médecine, les arts plastiques, les medias. J’ai eu l’occasion, Monsieur le Président, de me rendre compte de la vitalité et de la qualité de ce partenariat lors de ma récente visite ici. Tout cela fait de l’université de Bir Zeit notre premier partenaire universitaire et scientifique palestinien, et ce colloque constitue donc pour nous non seulement un chapitre de plus dans une longue histoire de coopération mais aussi l’occasion de redire, de manifester concrètement notre attachement à l’Université de Birzeit.

Mais nous sommes également heureux que la journée de demain se déroule à Naplouse, à l’université An-Najah, avec laquelle nos liens se renforcent au fil des ans. J’ai également pu le constater sur place il y a quelques semaines. Nous avons notamment avec Al-Najah un important programme de bourses qui permet à un nombre croissant de jeunes diplômés palestiniens de se rendre en France dans des filières spécialisées de master et de doctorat. C’est là aussi que se trouvent les futures élites de l’Etat palestinien, et nous sommes heureux de contribuer à la formation qui leur sera un jour indispensable pour remplir leur mission.

Car je voudrais inister sur un point : la coopération franco-palestinienne est au service d’un objectif politique fondamental poursuivi par la France, quels que soient les aléas politiques de l’heure, et qui est la création du futur Etat palestinien. En un sens, cette coopération s’inscrit dans le sujet de ce colloque, de même que ce colloque fait partie de notre action de coopération. Nul hasard à cela : les organisateurs de ces rencontres ont choisi un thème qui depuis longtemps nous préoccupe – je dirais même nous inquiète : celui de la condition et du devenir de la population palestinienne depuis les accords d’Oslo. Ces accords, comme le suggèrent assez crûment les pots cassés qui sont représentés sur l’affiche illustrant notre colloque, n’ont pas conduit à la paix régionale ni à la construction de l’Etat comme cela était souhaité. Bien au contraire, s’agissant des Palestiniens, ils ont abouti à davantage de dispersion et de fragmentation, contreparties du renforcement du régime d’occupation et de colonisation israélien. Néanmoins, la création de l’Etat reste l’objectif de tous les Palestiniens, comme en témoigne le plan gouvernemental du Premier Ministre Salam Fayyad, qui prévoit son avènement en 2011. Et il importe pour nous qui, comme la communauté internationale, soutenons ce plan de réfléchir ensemble aux moyens de faire naître et exister cet Etat au terme des deux prochaines années. C’est pour cela aussi que nous aurons beaucoup à apprendre à votre écoute, en attendant de lire la publication qui, je l’espère, sera un jour tirée de vos présentations et de vos débats.

Chers amis – et je me tourne ici en particulier vers nos amis Palestiniens,

Les colloques organisés par le gouvernement français à l’étranger sont bien sûr conçus comme des outils de promotion et de valorisation de notre expertise intellectuelle et scientifique. Mais nous avons veillé, en organisant celui-ci, à ce que la recherche française en sciences sociales ne se livre pas à un monologue dont vous auriez été les simples spectateurs. L’ensemble des chercheurs français ici présents qui travaillent souvent depuis de nombreuses années sur votre pays vous soumettront leurs hypothèses de travail et entendront avec beaucoup d’intérêt ce que vous aurez à leur dire sur la Palestine de ces quinze dernières années. Notre objectif est bien en effet qu’ensemble, vous fassiez avancer la connaissance scientifique par le dialogue et par l’échange. Qu’ensemble, vous réfléchissiez à la construction de la Palestine de demain qui, je n’en doute pas, continuera d’être aussi ouverte au dialogue et à l’échange que celle d’aujourd’hui.

Monsieur le Président, chers amis,

Je voudrais pour finir remercier tous ceux qui ont contribué à l’organisation de ces journées. Ce sont nos services culturels qui y ont œuvré de notre côté, et je me félicite qu’ils attachent autant de valeur au débat d’idées qu’aux échanges artistiques. Ils ont travaillé en étroite liaison avec Dr. Saleh Abdel Jawad et la Faculté de Droit et d’Administration publique de l’Université Birzeit, avec Dr. Kherieh Kharouf et le bureau des affaires internationales de l’Université nationale An-Najah. Ce colloque bénéficie également du soutien de l’Institut français du Proche-Orient, dont le directeur, François Burgat, aurait eu grand plaisir à pouvoir être parmi nous. Enfin, je souhaite remercier tout particulièrement Aude Signoles, qui a accepté d’assumer la responsabilité scientifique de ce colloque et a préparé l’agencement d’ensemble de ces journées. Sans oublier naturellement l’autre cheville ouvrière, Lucienne d’Alençon, sans laquelle cet événement n’aurait pu exister et dont je peux apprécier au quotiden, depuis Jérusalem, l’énergie, l’engagement et l’enthousiasme en faveur de la relation franco-palestinenne dans toutes ses dimensions

Je vous souhaite trois journées de débats fructueux et amicaux – et bien du courage aux interprètes, que je remercie d’avance de leur précieuse contribution à ces échanges.

Je vous remercie et aurai le plaisir de vous revoir à Jérusalem après demain, je l’espère.

publié le 07/12/2016

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