Extrait de l’intervention de M. François Delattre, Représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Il est temps pour la communauté internationale de renouveler ses efforts au Moyen-Orient

(Conseil de sécurité - 23 juillet 2015)

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Au Proche-Orient, la France fait depuis l’été dernier, et encore plus depuis le récent déplacement dans la région du Ministre français des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius, un constat préoccupant : la solution à deux Etats est en passe de devenir irréalisable.

La poursuite de la colonisation, illégale, menace jour après jour la possibilité d’une solution à deux Etats. Le vide politique nourrit le risque d’explosion, comme l’illustre la multiplication des actes de violence. La réunion « Arria » de notre Conseil tenue le 20 juillet l’a rappelé : à Gaza, le blocus entretient une misère et un désespoir qui renforcent l’extrémisme et exposent le territoire à une reprise régulière de la violence. Si l’on veut mettre fin à cet engrenage négatif et dangereux – dangereux pour les populations de la région mais aussi pour la paix et la sécurité internationales –, il est urgent de recréer une perspective politique vers la création d’un Etat palestinien viable et indépendant vivant en paix et en sécurité aux côtés de l’Etat d’Israël.

Comment avancer ?

D’abord en reconnaissant que le processus de paix tel que nous le pratiquons depuis plus de vingt ans ne suffit pas. Il est illusoire d’espérer qu’Israël et les Palestiniens puissent reprendre les négociations et, surtout, les conclure, sans un accompagnement international large.

Monsieur le Président,

La France est déterminée à agir en faveur d’une relance crédible du processus de paix. Il en va de notre sécurité mais également de la stabilité du Moyen-Orient. Pour mon pays, une action déterminée en faveur de la paix doit s’appuyer sur deux piliers : l’action collective et la mobilisation de la communauté internationale, d’une part ; la définition d’un cadre pour les négociations, d’autre part, ce à quoi ce Conseil doit contribuer.

La communauté internationale doit d’abord agir collectivement.
Il ne s’agit pas de remettre en cause le rôle historique des Etats-Unis ni l’existence du Quartet. Il s’agit d’associer davantage de partenaires, à commencer par l’Union européenne, la Ligue arabe et les membres permanents du Conseil de sécurité notamment, afin d’aider les parties à faire, mais aussi à mettre en œuvre, les compromis difficiles qui seront nécessaires à la paix.

C’est le sens de la proposition de créer un groupe international de soutien qui a reçu l‘appui de la plupart de nos partenaires.

Près de cinquante ans après l’adoption de la résolution 242, il est essentiel ensuite de replacer ce Conseil au cœur du règlement du conflit.

Il ne s’agit pas d’imposer une solution aux parties mais de fixer le cadre des négociations. Le moment venu, il sera de la responsabilité de ce Conseil d’adopter une résolution consensuelle et équilibrée qui fixera les paramètres du statut final et définira un calendrier pour les négociations.

Nous travaillons actuellement à réunir les conditions d’une telle initiative, qui n’aurait pas de sens si nous ne recevions pas les garanties qu’elle soit à la fois largement soutenue et mise en œuvre.

Monsieur le Président,

Sans perspective politique, le risque est bien que les parties s’enferment dans des stratégies unilatérales. Ce n’est dans l’intérêt de personne. Il est donc temps pour la communauté internationale de renouveler ses efforts en faveur de la paix.

[…]

publié le 27/07/2015

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