Focus du mois : L’archéologie au cœur de la coopération franco-palestinienne

La Mission archéologique Franco-Palestinienne de Samarie – Nord Palestine vient d’achever sa deuxième campagne de fouilles. Celle-ci s’est déroulée du 2 au 28 juin, sous la direction de Jean-Sylvain Caillou (Institut français du Proche-Orient - IFPO) et d’Hani Nour Eddine (Université Al-Quds), avec le soutien du Ministère français des Affaires étrangères et du Développement international et du Ministères palestinien du Tourisme et des Antiquités.

Les travaux, commencés en 2013, ont été poursuivis par une quinzaine de chercheurs et d’étudiants français et palestiniens (fouilles dans les nécropoles de Samarie-Sébaste, réalisation d’un plan général du site archéologique) et de nouveaux projets ont été lancés (prospections et recherche de sites pré-classiques, inventaire des vestiges architecturaux conservés dans le village de Sebastiyeh, fouille néolithique dans une grotte du Wadi Nib).

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La recherche scientifique en coopération

La mission franco-palestinienne de Samarie, créée en 2013, a pour vocation l’étude générale de la Samarie (c’est-à-dire le nord de la Cisjordanie actuelle) et, en particulier, de la ville de Samarie-Sébaste qui en fut la capitale pendant plus d’un millénaire. Un programme de recherche quadriennal sur les nécropoles a été validé par la commission de l’archéologie du Ministère des Affaires étrangères et du développement international, avec pour objectif l’établissement d’une typologie des monuments funéraires et de leur chronologie, ainsi que l’étude de l’évolution des pratiques d’inhumation.

Cette année, les recherches ont débuté au printemps par des prospections entre Samarie et Tell el-Farah, à l’est, pour identifier plus particulièrement des sites préhistoriques et de l’Age du Fer. A cette occasion, une vaste nécropole, connue dès la fin du XIXe siècle, mais jamais étudiée jusqu’à présent, a été visitée. Située sur le flanc d’une colline, au nord et en face de Samarie, cette nécropole est sans aucun doute l’une des plus anciennes et des plus importantes de la ville antique. Malgré les pillages récents et systématiques, de nombreuses céramiques, ossements, bijoux (perles en pierre semi-précieuses, bracelets en bronze, etc.) ont été trouvés, certains in situ.

Les travaux reprendront à l’automne pour analyser ce mobilier archéologique, et préciser la datation ainsi que les modes d’inhumation. Il est aussi prévu de procéder au dégagement complet d’une mosaïque découverte devant le tombeau byzantin. Enfin, à la demande du Service des Antiquités de Palestine, une porte en pierre et tout son encadrement, provenant également du tombeau byzantin, pourraient être déplacés et remontés au cœur du village de Sébastiyeh, devant le centre d’interprétation inauguré récemment par le ministère palestinien du Tourisme.

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La mise en place d’infrastructures pérennes pour la recherche et la formation

Pour les besoins de la fouille, une maison du village a été rénovée pour faciliter la présence des chercheurs et des étudiants tout au long de l’année, et offrir les conditions requises pour la conservation du mobilier archéologique et son étude.

Cette maison a été inaugurée le 24 juin, en présence d’Hervé Magro, Consul général de France à Jérusalem, Mme Safa Nasser El Din, Vice-Présidente de l’Université Al-Quds, et Frédéric Alpi, directeur du département d’archéologie et d’histoire ancienne de l’Ifpo, trois institutions qui soutiennent le projet.

Cette maison, qui comprend un entrepôt pour stocker le matériel de fouille et le mobilier archéologique découvert sur place, une salle spacieuse pour l’étude de ce matériel et une petite bibliothèque, offre ainsi un espace de réunion et de travail pour une quinzaine de chercheurs et peut en outre héberger 6 à 7 personnes. Sans équivalent dans les Territoires palestiniens, ce lieu permettra de développer les séjours prolongés et les coopérations entre Palestiniens et Français.

Rappelons que, dans la même perspective de coopération, les étudiants de l’Université d’Al-Quds peuvent suivre, depuis cette année, un cours de français validé dans leur cursus de licence en archéologie. Ces cours ont pour vocation d’identifier et de préparer les étudiants qui voudraient faire un master ou une thèse en France. Le dispositif devrait ainsi renforcer les échanges avec les universités représentées au sein de la Mission archéologique franco-palestinienne de Samarie : Paris I, Paris 4, Paris 10, Paris-Créteil, Poitiers, Aix-Marseille.
A noter enfin l’organisation cet automne à Paris d’une première journée d’étude sur « les Samaries », afin de présenter un état des recherches sur la région et ses habitants, de la préhistoire à nos jours.

Lire le focus du mois d’avril sur le protocole de don au secteur privé palestinien - French grant.

publié le 18/09/2014

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