Intervention de Madame Rachida Dati, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, samedi 20 septembre 2008 au Centre Culturel franco-allemand de Ramallah.

(Seul le prononcé fait foi).

Monsieur le Ministre,
Madame le Maire de Ramallah,
Monsieur le Consul général,
Mesdames, Messieurs,
Mes chers compatriotes

C’est avec beaucoup de plaisir que je me retrouve parmi vous ce soir à Ramallah, ville centenaire au cœur des territoires palestiniens.

J’ai tenu à vous rencontrer, ici au Centre Culturel franco-allemand. C’est un symbole de la réconciliation franco-allemande, après tant de conflits et de déchirures que l’on pensait irrémédiables.

Ce soir je tiens à rendre hommage aux Françaises et aux Français qui ont fait le choix de venir s’installer en Cisjordanie et en Palestine. Certains sont là durablement, d’autres pour un temps plus limité. Beaucoup sont investis dans les nombreuses institutions ou ONG implantées sur tout le territoire.

Vous avez en commun le souci d’apaiser les souffrances, d’aider à construire un monde meilleur, d’offrir des perspectives d’avenir à une population éprouvée et meurtrie. Je connais la générosité qui vous anime et votre conviction que les choses peuvent et doivent changer.

Ma visite au camp de réfugiés d’Al Amari et mes échanges, il y a quelques instants, avec les représentantes de quelques ONG, m’ont montré les difficultés et les enjeux de l’action sociale. J’ai aussi pu constater que les Palestiniens avaient une vraie envie de s’en sortir. En venant vous installer ici, en partageant leur quotidien, vous apportez un véritable témoignage de sympathie et d’amitié.

Mesdames, Messieurs,

Je suis convaincue que rien de durable ne peut se construire sans justice et sans respect des institutions. La France n’a pas cessé de réaffirmer son engagement pour que les Palestiniens puissent disposer d’un Etat moderne, démocratique et viable.

Il y a trois mois, devant la Knesset, le Président de la République a réaffirmé les relations d’amitié de la France avec le peuple palestinien et avec Israël. Le Président a tenu un discours très clair : « Comme tous les peuples, le peuple israélien et le peuple palestinien vivront en paix le jour où chacun aura le sentiment que justice lui est rendue et où les rapports seront fondés sur le droit et non plus la force ».

Dès 1994, au lendemain des accords d’Oslo, la question de la consolidation d’un Etat de droit s’est trouvée au cœur de la coopération franco-palestinienne. J’ai visité ce matin le chantier de la construction du bâtiment qui abritera dans quelques mois la nouvelle faculté de droit de l’Université de Birzeit. Ce bâtiment n’est que l’aspect le plus visible de notre engagement à vos côtés. Il faut former les femmes et les hommes qui, demain, diront le droit et le feront respecter. C’est l’expression même de l’Etat de droit.

Notre coopération ne se limite pas au droit mais elle s’étend à tous les domaines : le développement économique, le rayonnement culturel, l’apprentissage du français… Beaucoup d’entre vous, présents dans cette salle, en êtes les acteurs.

En organisant la conférence de Paris en décembre dernier, la France a voulu envoyer un signal fort à l’ensemble de la communauté des bailleurs. Un signal de confiance envers les dirigeants palestiniens et de crédibilité pour les réformes courageusement engagées par le Dr Salam Fayyad, avec lequel je me suis entretenue ce matin.

Mesdames, Messieurs,

L’Union pour la Méditerranée si chère au Président de la République marque un tournant dans les relations entre l’Europe et les autres rives de la Méditerranée. Pour parvenir à réunir les 43 chefs d’Etat et de gouvernement qui ont participé au sommet du 13 juillet dernier, il a fallu vaincre des réticences, apaiser des craintes et élargir les horizons.

La Palestine a toute sa place dans ce partenariat d’un type nouveau qui est en train de naître. Le développement économique est un moteur puissant pour favoriser les initiatives de paix et instaurer les mesures de confiance dont cette région a bien besoin.

Cette paix que nous appelons tous de nos vœux et qui semble à portée de main.

Je vous remercie

Madame Rachida Dati, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice

publié le 04/07/2011

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