Interview d’Irina Gorelik

Irina Gorelik a immigré de l’ex-Union Soviétique en 1993, elle dirige le Théâtre Mikro et a mis en scène la pièce « L’angoisse du Roi Salomon ».
Créé par Irina Gorelik en 1994, le Théâtre Mikro est installé depuis 2004 au Théâtre Khan. Cette année-là, le Ministère israélien de la culture a reconnu le Théâtre Mikro comme un théâtre professionnel. La troupe a récemment déménagé dans un nouvel espace qui lui est propre, dans les murs du Théâtre de Jérusalem.
Ce théâtre propose un répertoire de pièces adaptées d’oeuvres littéraires hébraïques et internationales : Hanoch Levin, Meir Shalev, Isaac Bashevis Singer et beaucoup d’autres grands auteurs.

Vous avez adapté pour le Théâtre Mikro, le roman de Gary/ Ajar : "L’Angoisse du roi Salomon". Pourquoi ce choix ? Pourquoi un texte français ?
Irina Gorelik : Mon objectif principal dans la construction d’un répertoire est de trouver et d’adapter des œuvres relevant d’un sujet juif. Je lis beaucoup de livres d’auteurs juifs d’ici et d’ailleurs. Les ouvrages choisis sont ceux qui me paraissent poignants, avec des histoires perçantes et dynamiques, des textes qui évoquent des questions courageuses et peu banales. L’œuvre de Romain Gary a attiré mon attention depuis longtemps. Dans le roman « L’Angoisse du roi Salomon », j’ai vu des possibilités théâtrales extraordinaires. Par ailleurs, les problèmes de l’antisémitisme, l’existence juive dans la Diaspora, la possibilité de pardonner à un ennemi, qui sont les thèmes de ce roman, sont liés à des questions existentielles concernant toute l’humanité. Pour toutes ces raisons, ce roman se prête à merveille à une adaptation théâtrale.

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La pièce est en hébreu et comporte des chansons remarquablement interprétées en français, ainsi qu’un surtitrage en français. Quelle importance accordez-vous à la présence de la langue française dans l’adaptation en hébreu ?
Irina Gorelik : Pour nous, il était important de garder l’atmosphère parisienne et l’esprit de la langue française dans la représentation en hébreu. C’est la raison pour laquelle les chansons n’ont pas été traduites. L’idée était d’insérer la chanson française dans cette pièce et de déterminer un genre de « théâtre et chanson ». L’acteur qui joue le rôle de Salomon (Ilan Hazan) est né à Paris et le français est sa langue maternelle. Il a participé à la traduction de l’adaptation et s’est penché sur toutes les nuances de la traduction d’une œuvre française pour la scène israélienne.

Pour diffuser cette pièce, vous avez mis en place un partenariat avec l’IF Romain Gary, et avez souhaité intéresser le public francophone. Pourquoi est-il si important, selon vous, de jouer des pièces françaises pour un public francophone à Jérusalem.
Irina Gorelik : Il est bien connu que chaque communauté à Jérusalem - qu’elle soit française, russe, anglo-saxonne - garde scrupuleusement les traditions culturelles de son pays d’origine, et c’est magnifique ! Je suis certaine qu’il faut continuer à renforcer et à développer, en Israël, les liens que la communauté française - et d’autres communautés - entretiennent avec leur pays d’origine. C’est quelque chose qui enrichit vraiment l’atmosphère culturelle de cette ville.

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publié le 15/11/2016

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