"L’après Annapolis"

"L’après Annapolis", l’éditorial du journal Al Quds du samedi 1er décembre 2007

Le Ministre français des Affaires Etrangères et Européennes, M. Bernard Kouchner, lors de son discours prononcé à Annapolis, a insisté sur l’importance de la conférence de Paris qui doit être la plus importante réunion de soutien à l’Autorité Palestinienne et qui doit jeter les bases économiques et structurelles du futur Etat palestinien. Ces déclarations sont concomitantes de celles de Tony Blair à Al Quds qui, lors d’un entretien exclusif au quotidien, annonçait le financement de projets économiques et d’infrastructures à hauteur de plusieurs milliards de dollars en Cisjordanie et à Gaza.

Ces déclarations importantes qui sont l’expression du soutien de la communauté internationale, notamment de la France et de l’UE, nous conduisent à espérer que des efforts seront consentis après la conférence d’Annapolis, pendant les semaines et les mois à venir, afin de consolider le processus de paix d’une part et, d’autre part, de jeter les bases d’un Etat palestinien indépendant.

La conférence de Paris, dont M. Kouchner a annoncé qu’elle visait à soutenir l’ensemble des Territoires Palestiniens, s’inscrit donc dans le cadre de la création d’un Etat palestinien viable, contigu, à l’économie ouverte, aux institutions fortes et aux infrastructures fonctionnelles.

On peut remarquer qu’il y a deux plans concomitants lancés après Annapolis : le premier est la reprise des négociations politiques autour des questions essentielles. Il précède de quelques jours le second, qui est la mobilisation du soutien de la communauté internationale, des aides pour la construction des infrastructures nécessaires et pour le développement d’un certain nombre de projets. Tel est le sens des déclarations faites par MM. Kouchner et Blair qui ont, en outre, demandé à Israël de redéployer son armée des Territoires Palestiniens, de garantir la liberté de mouvement, et de lever toutes les sortes de restrictions actuelles. C’est ce que Bernard Kouchner évoquait lorsqu’il déclarait qu’il était illusoire de vouloir créer une économie en présence de telles restrictions.

En réalité, la partie palestinienne sort, après Oslo, d’une expérience amère en matière de processus de construction et de développement économique où il s’est avéré sur le long terme que ces restrictions et ces pratiques israéliennes étaient les principales responsables de l’absence de développement. Il faut donc que la communauté internationale mette en place un outil de suivi efficace pour garantir la levée des restrictions d’Israël qui, pour sa part, ne devra ni entraver le développement, ni détruire les projets palestiniens.

Il est nécessaire également d’affirmer que le progrès politique sur les questions palestiniennes est la condition principale au succès des différents plans et projets de développement économique. Il n’est pas acceptable qu’une économie indépendante se développe sous l’occupation ou sous embargo. Il n’est pas non plus acceptable que les projets palestiniens demeurent otages d’Israël qui contrôle tout ce qui est importé.

Ceci oblige la communauté internationale à ne pas se contenter d’approuver les plans de réforme et de développement palestiniens et d’octroyer le financement nécessaire aux projets. Elle doit intensifier ses efforts afin de parvenir à une solution juste, avec pour objectif de donner une chance au peuple palestinien et à ses autorités pour véritablement mettre en place un régime démocratique et lancer un processus de croissance économique.

L’ après Annapolis constituera un tournant décisif et révélera le degré d’engagement de la communauté internationale pour construire la paix et permettre le développement et la prospérité dans cette région du monde.

publié le 15/11/2016

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