Le sel des mots

BMPIl est cinq heures du matin, Mohammed Abu Aziz est déjà accroupi et commence à calligraphier. En creux, ou parfois avec un pochoir, les méthodes varient, les phrases imprimées dans le sel aussi : « La bouderie en amour est comme le sel, il n’en faut pas trop » ou encore « La nuque est un mystère pour l’œil ».
« Ce sont des proverbes ou des citations de penseurs de toutes époques » explique le photographe Jean-Loup de Sauvergnac. C’est lui qui a eu l’idée de ce projet deux ans plus tôt : « Après un premier travail en Jordanie et en Terre Sainte autour de la Mer Morte, j’avais repéré des écritures dans le sable : une poussière, des couleurs qui ressemblaient à des textes arabes et j’ai eu envie de revenir pour travailler avec un calligraphe. »
Grâce au Centre culturel français d’Amman, Jean-Loup de Sauvergnac rencontre le calligraphe jordanien Mohammed Abu Aziz, avec qui il passe plus de trois semaines en Jordanie. « A 11 heures il fallait arrêter de travailler. La lumière était trop forte, il faisait pas loin de 40-45°. On était souvent obligé de revenir le soir pour prendre la photo et parfois, entre temps, le sol avait bougé. Mohammed devait recommencer tout son travail ! » Une traductrice a accompagné les deux hommes qui ne parlent aucune langue commune. Mais pour Jean-Loup de Sauvergnac le plus important dans cette expérience « c’est d’avoir montré qu’ avec des différences d’âge, de culture, de religion, aussi importantes nous avons pu communiquer à travers l’art et créer quelque chose. »

L’exposition « Le partage du sel » a été présentée à Amman puis à l’Institut du monde arabe à Paris et dans plusieurs villes françaises.
Elle sera au CCFA à partir du 4 juin.

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publié le 11/09/2007

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