« Montrer le mouvement perpétuel de la ville »

Yazan Khalili, Palestinien né en Syrie en 1981, vit à Ramallah depuis 11 ans. Architecte diplômé de l’Université de Bir Zeit et photographe depuis six ans, il a réalisé plusieurs expositions et a confié son appareil à des enfants de cinq camps de réfugiés pour une série de photos présentée au World Social Forum en 2006. Il expose à partir du 6 août au CCFA ses “Impressions Urbaines”.

D’où vient l’idée de ces Impressions Urbaines ?

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J’ai pris ces photos dans cinq villes où j’ai séjourné : Ramallah où je vis, Copenhague, Amman, Dubaï et le Caire. Je n’ai pas voulu avoir un œil de touriste, faire l’inventaire des différences entre ces villes. Ces photos montrent comment la ville se reflète en moi et comment je me reflète dans la ville. D’où ces photos de métro, de rues, de laverie, de l’homme chez qui je vais chercher mon pain, de gens que j’ai rencontrés et dont j’avais le sentiment qu’ils accepteraient d’être photographiés.

Comment êtes-vous venu à la photographie ?

C’est mon intérêt pour le visuel qui m’y a conduit. Dans mes photos, je suis aussi attiré par la recherche des lignes, comme en architecture. La photographie est un moyen de parler de moi-même, de faire disparaître la pression qui pèse sur moi. C’est une méditation. Le travail d’architecte prend beaucoup d’énergie. La photographie me permet de regagner de l’énergie et de me sentir mieux.

Qu’est-ce qui vous donne envie de sortir votre appareil ?

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Je prends des photos de ma vie quotidienne. Je ne les planifie jamais. Je n’emmène pas mon appareil pour aller au travail. Et puis, un jour, j’ai juste envie de le prendre avec moi. Des années plus tard, je réalise ce que ces photos signifient pour moi. Par exemple, à Dubaï, je n’avais pas de voiture et je sentais combien la ville était plus rapide que moi. Coincé sur un étroit passage entre les voies rapides, on se sent très lent et faible, prêt à tomber d’un côté ou de l’autre. J’ai alors travaillé sans autofocus. Les photos montrent ce mouvement perpétuel de la ville.

publié le 11/09/2007

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