Points de presse du Porte-Parole du ministère des Affaires étrangères

JPEG Consultez les extraits, relatifs au Proche-Orient, des derniers points de presse :


POINT DE PRESSE DU 23 JUILLET 2008

(Quelle est votre réaction après le nouvel attentat au bulldozer intervenu, hier, à Jérusalem ?)

Nous avons appris avec émotion l’attentat perpétré hier à Jérusalem qui a fait de nombreux blessés.

Nous adressons aux victimes l’assurance de toute notre sympathie et réaffirmons aux autorités israéliennes toute notre solidarité face à de tels actes terroristes inadmissibles.


POINT DE PRESSE DU 22 JUILLET 2008

(Par rapport à la situation financière de l’Autorité palestinienne, hier, le ministre des Affaires étrangères palestinien, M. Al Maliki, a déclaré que si les fonds n’arrivaient pas à l’Autorité palestinienne, celle-ci sera en faillite le mois prochain. Il priait les pays qui ont donné des fonds à la Conférence de Paris de donner l’argent nécessaire. Avez-vous un commentaire ?)

Je vous propose de faire le point sur ces fonds dans la semaine.

(Avez-vous une réaction concernant une vidéo montrant un homme palestinien attaché, les yeux bandés, auquel un soldat de l’armée israélienne a tiré une balle dans les pieds ? Quelle est votre réaction quant au comportement de l’armée israélienne sur de tels actes contre la population civile ?)

Nous avons pris note de la décision des autorités israéliennes de mener l’enquête. Si les faits sont confirmés on ne peut que condamner cet acte.


POINT DE PRESSE DU 21 JUILLET 2008

(Les autorités israéliennes viennent d’arrêter une vingtaine de Palestiniens, dont une parlementaire, en Cisjordanie, au moment où plusieurs parties poursuivent leurs efforts pour l’apaisement et la relance des négociations entre Palestiniens et Israéliens. Quelle est votre réaction ?)

Dans le contexte de la trêve conclue entre le Hamas et l’Etat d’Israël sous l’égide de l’Egypte, nous appelons les autorités israéliennes à être particulièrement vigilantes sur toute action qui pourrait entraîner un regain de tensions dans les territoires palestiniens.

Cette vigilance s’impose notamment s’agissant d’élus de l’Autorité palestinienne, dont l’arrestation risque d’hypothéquer le dialogue entre le Fatah et le Hamas que nous encourageons pour conforter l’unité palestinienne derrière le président Abbas.

Il n’y a pas de solution militaire au conflit israélo-palestinien. Seule l’ouverture d’un réel horizon politique de deux Etats pourra apporter la paix et la sécurité au Proche-Orient./.


POINT DE PRESSE DU 15 JUILLET 2008

L’Union européenne est profondément préoccupée par la décision israélienne de lancer un appel d’offres pour la construction de 920 logements dans la colonie de Har Homa, au sud de Jérusalem et de 884 logements dans la colonie de Pisgat Zeev, au nord de Jérusalem.

Cette décision contribue à affaiblir la crédibilité du processus diplomatique en cours.

L’Union européenne rappelle que l’implantation des colonies où que ce soit dans les Territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem-Est, est illégale au regard du droit international. Les activités de colonisation préjugent du résultat des négociations sur le statut final et compromettent la viabilité d’une solution concertée prévoyant la coexistence de deux Etats.

L’Union européenne appelle les deux parties, Israël et l’Autorité palestinienne, à respecter les engagements qu’ils ont respectivement réitérés à Annapolis au titre de la Feuille de route, et donc Israël au gel complet des activités de colonisation, y compris celles liées à la "croissance naturelle", y compris à Jérusalem-Est, et au démantèlement des colonies de peuplement sauvage créées depuis 2001.

(Le problème avec Israël est que, même s’il y a des critiques, il continue et multiplie la colonisation. Il n’y a pas de sanction que l’on pourrait imaginer contre Israël pour qu’il s’arrête ou respecte le droit international ?)

La déclaration est claire. Au nom de l’Europe, nous exprimons une très forte préoccupation et cela a été dit clairement aux autorités israéliennes.

(Israël a fait fi de toutes vos demandes depuis longtemps et étend ses colonies, que ce soit les Etats-Unis qui demandent, que ce soit les Européens, que ce soit la communauté internationale. Comment peut-on amener les Israéliens à respecter le droit international ?)

Vous savez que nous continuons à penser que le dialogue et la clarté dans ce que l’on exprime constituent des éléments pour faire respecter les engagements pris et notamment ceux pris à Annapolis.

Pour ce qui concerne les fermes de Chêbaa, nous considérons que l’option d’une mise sous tutelle onusienne est une option clairement sur la table aujourd’hui, dont nous soutenons le principe.

(Que signifie la mise sous tutelle onusienne des fermes de Chêbaa ?)

Si on soutient le principe, cela veut dire qu’on en discute avec ceux qui en proposent le principe et avec ceux qui le soutiennent également.

Le Secrétaire général et le ministre ont expliqué hier que le sujet du Liban et plus de la région a été évoqué, et dans ce cadre toutes les options ont été évidemment envisagées.

(Est-ce que cette remise sur la table est due au passage de M. Bachar Al Assad à Paris ? Est-ce que vous avez évoqué cette question avec lui ? Est-ce qu’il est d’accord ?)

Ce que je voulais vous dire aujourd’hui c’est que ce sujet-là est un sujet important. La position de la France sur cette option est qu’elle en soutient le principe, après il faut en examiner les modalités.


POINT DE PRESSE DU 10 JUILLET 2008

La France condamne la décision israélienne de lancer un appel d’offres pour la construction de 920 logements dans la colonie de Har Homa, au sud de Jérusalem.

Cette décision contribue à affaiblir la crédibilité du processus diplomatique en cours.

La France considère que la poursuite de la colonisation est un obstacle à la paix. Elle rappelle son exigence, inscrite dans la Feuille de route que les parties se sont engagées à respecter lors de la conférence d’Annapolis, d’un gel complet des activités de colonisation, y compris celles liées à la "croissance naturelle", dans l’ensemble de la Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est.

La France invite les autorités israéliennes à revoir cette décision et à s’abstenir de toute action unilatérale qui pourrait préjuger du statut final des Territoires palestiniens, notamment de Jérusalem.


POINT DE PRESSE DU 8 JUILLET 2008

(Est-ce que vous confirmer la rencontre entre le président Sarkozy, le président palestinien et M. Olmert à Paris ?)

Comme vous le savez, les entretiens du président de la République sont annoncés par la présidence de la République.


POINT DE PRESSE DU 25 JUIN 2008

(Israël a refusé de rouvrir les points de passage vers la bande de Gaza. Quelle est votre réaction ? Craignez-vous la mise en cause de la trêve entre Israël et Hamas ?)

Cette décision intervient après des tirs de roquettes dont nous condamnons la poursuite.

Nous appelons à la cessation complète des violences et au retour au calme afin que l’accord de trêve entre Israël et le Hamas puisse être effectif et que la situation humanitaire de la bande de Gaza s’améliore.

Notre position reste constante : il faut ouvrir au plus vite les points de passage de la bande de Gaza afin de permettre un libre accès des services et des biens de base.


POINT DE PRESSE DU 23 JUIN 2008

La secrétaire d’Etat chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’Homme, Mme Rama Yade, représentera la France à la Conférence de soutien à la sécurité civile palestinienne et à l’Etat de droit qui se tiendra à Berlin le mardi 24 juin.

A la suite des conférences d’Annapolis et de Paris, la Conférence de Berlin a pour objet d’apporter un soutien à l’Autorité palestinienne en vue de la création d’un Etat palestinien viable, par une contribution concrète dans les secteurs clé de la police et de la justice.

Mme Rama Yade annoncera l’accroissement du soutien de la France à la mission européenne EUPOL/COPPS, présente sur le terrain et qui a pour objectif d’aider la police civile palestinienne par des actions de conseil, de formation et de coordination de l’assistance.

Dans le cadre de sa présidence du Conseil de l’Union européenne, la France insistera sur le nécessaire renforcement des institutions palestiniennes, en particulier dans les domaines de l’Etat de droit et de la sécurité civile.


POINT DE PRESSE DU 20 JUIN 2008

(Vous avez quelques commentaires sur la situation à Gaza ? Deuxièmement, est-ce que vous confirmez la venue du président syrien, M. El-Assad le 13 juillet à Paris ?)

Sur Gaza, nous continuons à suivre la situation avec la plus grande vigilance. Nous attendons beaucoup de la trêve qui vient d’être décidée et qui est entrée en vigueur hier matin. Nous y voyons un signe positif, mais il faut maintenant que cela se traduise sur le terrain, dans la vie de la population.

Quant à votre deuxième question, je vous renvoie à ce qu’ont dit des personnes beaucoup plus autorisées que moi : le ministre, le Secrétaire général de l’Elysée. Je crois pouvoir dire aujourd’hui que la venue du président El-Assad est très vraisemblable.

(M. Kouchner a dit plus que cela. Il a parlé de contacts entre M. Olmert et le président syrien.)

Le ministre n’a pas du tout dit qu’il y aurait un contact entre M. Olmert et M. El-Assad et je n’ai rien à dire de plus que lui.


POINT DE PRESSE DU 18 JUIN 2008

TREVE ISRAEL-HAMAS

Je vous donne lecture d’une déclaration du ministre des Affaires étrangères et européennes : début de citation - "J’ai appris avec satisfaction l’annonce par l’Egypte de la conclusion d’un accord en vue d’une trêve entre Israël et le Hamas. Nous saluons les efforts des autorités égyptiennes pour parvenir à ce résultat. Seule une solution politique peut résoudre la crise actuelle à Gaza.

Cet accord devra se traduire sur le terrain. Il devra conduire à la cessation complète des violences et permettre l’amélioration de la situation humanitaire à Gaza par la réouverture dans les meilleurs délais des points de passage. Nous espérons qu’il accélèrera le processus de libération de notre compatriote Gilad Shalit.

La réinsertion dans le processus de paix de la bande de Gaza est indispensable à l’établissement d’une paix durable au Proche-Orient. Je salue à cet égard les initiatives du Président Abbas en vue de favoriser l’unité des Palestiniens derrière sa démarche de paix.

Un nouvel esprit souffle dans cette région tant de fois endeuillée : accord de Doha sur le Liban, pourparlers indirects syro-israéliens, échange humanitaire entre Israël et le Hezbollah, et maintenant annonce de cette trêve à Gaza. Ces évolutions positives sont bien sûr encore fragiles et doivent être confirmées.

Nous souhaitons que cette atmosphère plus favorable rejaillisse sur le processus de paix entre Israël et l’Autorité palestinienne et favorise l’accélération de la négociation lancée à Annapolis. Ces gestes récents peuvent à terme changer profondément la donne au Proche-Orient. La France apportera tout son concours à ces efforts de paix, à cette volonté de dialogue. C’est dans ce cadre que le président de la République se rendra en Israël et dans les Territoires palestiniens du 22 au 24 juin." - Fin de citation.

(Le sort du soldat israélien Gilad Shalit ne fait pas partie de l’accord de trêve, avez-vous une réaction ?)

Comme l’a souligné le ministre, nous espérons que cet accord accélèrera le processus de libération de Gilad Shalit.


(Confirmez-vous qu’une diplomate française, Catherine Hyver, consule adjointe à Jérusalem, ainsi qu’un agent de sécurité de la représentation française, ont été retenus pendant dix-sept heures mercredi 11 juin au passage d’Erez sans boire ni manger et que leur voiture a été fouillée en violation des Conventions de Vienne ? Avez-vous protesté formellement auprès des autorités israéliennes ?)

Les agents diplomatiques et consulaires de France et d’autres Etats membres de l’Union européenne rencontrent, depuis plusieurs semaines, des difficultés au franchissement de points de passage en Cisjordanie et à Gaza.

Nous déplorons les conditions dans lesquelles notre consule adjointe à Jérusalem a été retenue.

Nous avons demandé aux autorités israéliennes d’assurer le franchissement sans entrave des points de passage par les véhicules diplomatiques et consulaires ainsi que par le bus scolaire qui transporte les enfants du lycée français de Jérusalem.

A la suite de ces interventions, des réunions de concertation ont récemment eu lieu entre nos postes de Jérusalem et Tel-Aviv et l’organisme israélien chargé de la coordination de ces points de passage. Nous espérons que cette concertation permettra de revenir dans les meilleurs délais à une pratique plus conforme à la confiance et à l’amitié qui caractérisent les relations entre nos deux pays./.


POINT DE PRESSE DU 13 JUIN 2008

DEPLACEMENT A JERUSALEM DE MME RAMA YADE

Mme Rama Yade, secrétaire d’Etat chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’Homme, se rendra à Jérusalem du 15 au 17 juin à l’occasion de l’événement "Dessins pour la Paix" organisé par Plantu, en compagnie de dessinateurs de presse, Israéliens et Palestiniens, et d’autres venus du monde arabe (Algérie, Egypte), des Etats-Unis, du Japon, de Turquie et de France. Ce sera l’occasion pour la secrétaire d’Etat de saluer la contribution des sociétés civiles au processus de paix, comme d’exprimer l’attachement de la France à la liberté d’expression.

En Israël, Mme Rama Yade visitera le mémorial de la Shoah de Yad Vachem et s’entretiendra avec des personnalités politiques et de la société civile.

Dans les territoires palestiniens, la secrétaire d’Etat se rendra au camp de réfugiés d’al-Amaari en Cisjordanie et s’entretiendra notamment avec M. Riyad al-Malki, ministre des Affaires étrangères, et avec des responsables d’ONG oeuvrant dans le domaine des Droits de l’Homme.


POINT DE PRESSE DU 06 juin 2008

Nous déplorons les opérations israéliennes qui ont notamment causé le décès d’un enfant hier dans la bande de Gaza.

La France assure la famille de cet enfant de toute sa sympathie. Elle déplore que la population civile soit, une fois encore, victime de la violence.

Nous continuons d’appeler les autorités israéliennes à la plus grande retenue.

Nous appelons également à l’arrêt complet des tirs de roquettes par les factions palestiniennes contre le territoire israélien.

(Que pensez-vous de la reprise du dialogue inter-palestinien ?)

Nous saluons la reprise de ce dialogue. Comme l’a rappelé le ministre à plusieurs reprises, nous encourageons le dialogue entre Palestiniens.

Nous réitérons notre plein soutien à la démarche de paix du président Abbas. Nous réaffirmons également l’importance du plein respect par le Hamas des principes qui guident le Processus de paix, au premier chef la renonciation à la violence.


POINT DE PRESSE DU 05 JUIN 2008

La France condamne fermement le tir de roquette qui a causé aujourd’hui un mort et plusieurs blessés dans un kibboutz du sud d’Israël. Les autorités françaises s’associent à la douleur des familles et des proches des victimes.

Plus d’une centaine de roquettes ont été tirées sur Israël au cours du dernier mois. La France est très préoccupée par ces actes de violence qui minent les efforts de paix et menacent la stabilité de la région, alors que la médiation égyptienne en cours tente de parvenir à une trêve.

(Approuvez-vous ou pas le candidat démocrate américain Barack Obama qui a parlé de Jérusalem comme la capitale "indivisible" d’Israël ?)

Notre position sur le statut de Jérusalem est constante : cette question doit être réglée dans le cadre des négociations sur le statut final du futur Etat palestinien.


POINT DE PRESSE DU 03 JUIN 2008

(La France s’apprête à entrer le 1er juillet dans le Quartet qui oeuvre pour la paix au Moyen-Orient. Au vu des dernières décisions israéliennes d’étendre ses colonies en Cisjordanie, en dépit des consignes du Quartet, avez-vous déjà des contacts avec les autres membres de ce groupe et accessoirement avec les membres de l’Union européenne ? Est-ce que tout le monde est sur la même longueur d’ondes à ce sujet ?)

La France entretient une concertation régulière avec ses partenaires européens et avec les membres du Quartet sur cette question. Les conclusions du dernier Conseil Affaires générales, le 26 mai, rappellent ainsi que "l’Union européenne est profondément préoccupée par l’accélération récente de la croissance des colonies." Le Conseil rappelle également que "l’implantation de colonies dans les Territoires palestiniens, y compris Jérusalem Est, est illégale au regard du droit international."

La France ne manquera pas de maintenir cette concertation avec ses partenaires tout au long de sa Présidence du Conseil de l’Union européenne./.


POINT DE PRESSE DU 02 JUIN 2008

(Quel commentaire avez-vous à l’annonce qu’Israël, malgré les appels de la France et d’autres pays, va encore étendre les colonies illégales en construisant près de neuf cent logements en terre palestinienne occupée ?)

La France condamne les appels d’offres annoncés pour la construction de plus de 800 logements dans deux quartiers de Jérusalem-Est. Cette décision porte atteinte à la viabilité du futur Etat palestinien et au processus diplomatique en cours.

Nous condamnons la poursuite de la colonisation et rappelons notre exigence, inscrite dans la Feuille de route - que les parties se sont engagées, dans une déclaration conjointe adoptée à Annapolis, à respecter -, d’un gel complet des activités de colonisation, y compris celles liées à la ’’croissance naturelle’’.


POINT DE PRESSE DU 27 MAI 2008

(Pourriez-vous nous dire un mot sur la visite de M. Bernard Kouchner en Israël et dans les Territoires palestiniens ?)

Il est allé à Bethléem où il a participé à la Conférence de soutien des investissements. Nous avons constaté un très fort intérêt du secteur privé, ce qui est très positif.

Le ministre a eu ensuite des entretiens avec les autorités israéliennes comme je vous l’avais indiqué : il a vu M. Olmert, Mme Tzipi Livni, il a vu des parlementaires israéliens qui sont particulièrement concernés par une loi qui est en discussion à la Knesset et qui prévoit un système d’’’évacuation - compensation’’ pour les colons.

(Quel était le but de la visite de Mme Livni ? Alors que le ministre était en Israël il n’y a pas une semaine, Mme Livni se trouvait aussi en France il y a quelques jours, que doit-on comprendre ?)

Il y avait des manifestations organisées au Trocadéro pour le 60ème anniversaire de la création de l’Etat d’Israël. Mme Livni tenait à être présente à cette occasion.

Comme vous le savez, elle a rencontré le président Sarkozy. Notre dialogue avec Israël se poursuit de façon régulière et il est particulièrement important à quelques semaines maintenant du début de la Présidence française.

(L’actualité dans la région parle encore de l’extension d’une colonie israélienne en Cisjordanie. Avez-vous une réaction particulière, à ce difficile moment dans le Processus de paix ?)

Je vous redis ce que le ministre a dit lorsqu’il se trouvait là-bas. Nous pensons que la poursuite de la colonisation est aujourd’hui l’un des principaux obstacles au Processus de paix. Notre position sur ce point est sans ambiguïté.

(Je voulais revenir sur les supposés contacts entre la France et le Hamas. Nous avons eu Georges Malbrunot cette semaine sur notre antenne qui nous a confirmé que, selon les informations dont il disposait, le Quai d’Orsay cautionne les contacts entrepris par Yves Aubin de la Messuzière avec le Hamas. Il est un tout jeune retraité.)

Jeune ou pas, il est retraité et son âge n’a rien à voir dans cette affaire.

(Ce que je veux dire, c’est qu’il a quitté ses fonctions très récemment, et de ce fait, dans la mesure où la France n’a pas officiellement de contact avec le Hamas, de par ses engagements avec le Quartet, ce sont des contacts souterrains, on envoie ce diplomate ?)

Vous me dites que M. Malbrunot a des informations, je ne sais pas d’où il les tient.

M. de la Messuzière a agi de façon individuelle, privée, dans le cadre d’une recherche. Il est en effet chercheur associé à Science-Po et je vous redis ce que j’ai déjà déclaré à plusieurs reprises, ce que le ministre a lui-même redit, : ’’il n’y a aucun contact officiel, aucune négociation de la France avec le Hamas.’’


POINT DE PRESSE DU 22 MAI 2008

(Comment réagissez-vous aux commentaires de la presse française évoquant une érosion de l’influence française au Proche-Orient sous le président Sarkozy et son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner ?)

La simple observation de l’activité diplomatique française depuis un an et de ses résultats suffit à démontrer que ces commentaires ne reflètent pas la réalité./


POINT DE PRESSE DU 21 MAI 2008

(Quelle est votre réaction aux pourparlers indirects de paix entre Israël et la Syrie ?)

Nous accueillons favorablement tout ce qui contribue à l’apaisement des tensions et aux progrès du processus de paix.


POINT DE PRESSE DU 20 MAI 2008

(Je voulais savoir si vous avez présenté la visite du ministre dans les Territoires palestiniens ?)

Nous l’avons fait hier par voie électronique.

(Est-ce que vous avez une réaction aux déclarations américaines concernant les contacts établis avec le Hamas ?)

Je n’ai rien à ajouter à ce qu’a dit le ministre et à ce que j’ai dit aussi hier. Nous avons beaucoup insisté sur le fait qu’il s’agit d’un contact individuel. Le ministère en avait été informé. M. Aubin de la Messuzière est un chercheur associé à l’Institut de sciences politiques de Paris. Des gens d’autres pays ont aussi ce type de contacts. Cela n’a rien à voir avec des relations politiques. Nous n’avons pas de relation politique, nous n’avons pas de négociation avec le Hamas. Notre position sur le Hamas reste inchangée et c’est d’ailleurs une position européenne. Puisque vous évoquez les déclarations des porte-parole américains, je crois qu’il faut vraiment se référer à ce qui a été dit. Je cite par exemple M. Mc Cormack qui a noté qu’il s’agissait de "contacts qui venaient d’un diplomate à la retraite, qu’il s’agissait de contacts individuels et que la politique de la France à l’égard du Hamas n’avait pas changé. La France adhère à la politique selon laquelle le Hamas doit respecter les exigences de la déclaration du Quartet". Je cite aussi ce qu’a dit le porte-parole de la Maison Blanche : "Je comprends que les Français ont indiqué qu’il ne s’agissait pas d’un "government official", je comprends aussi que les Israéliens avaient obtenu des assurances de la part de la France selon lesquelles il n’y avait aucun changement de la position française à l’égard du Hamas."

Par ailleurs, tout ce qui permet au Hamas de se rapprocher des conditions posées par la communauté internationale est utile. Les Israéliens eux-mêmes, vous le savez, ont des contacts avec le Hamas, mais je redis que nous exigeons que le Hamas cesse de recourir à la violence, cesse les tirs de roquettes.

(Est-ce que le diplomate à la retraite en question a été chargé par vos services de transmettre un message ? Est-ce que vous aviez averti Abu Mazem de ces contacts ?)

Ne parlez pas d’émissaire. Il n’y a pas de mandat. Il s’agit d’un contact à titre privé, individuel. Ce n’est pas un émissaire du gouvernement français. Il n’y a aucune relation politique entre le gouvernement français et le Hamas.

(Cette visite a pris des proportions importantes, la preuve en est que nous parlons de ce sujet depuis dix minutes, que des porte-parole américains ont commenté cette affaire et surtout le fait que la France ait dû assurer aux Israéliens que sa politique n’avait pas changé. Si c’était une visite privée, vous n’auriez pas à prendre la peine de tout cela.)

Il est tout à fait normal que, face à vos interrogations, face à ce qu’on lit dans le presse, nous rétablissions la réalité des faits. Je le redis : il s’agit d’un contact privé, individuel et cela ne change absolument pas notre position. Le Hamas doit respecter les principes émis par le Quartet, en premier lieu la renonciation à la violence. Et nous constatons - et je vous remercie de m’avoir posé la question - que dans les déclarations des porte-parole, aussi bien du "State Department" que de la Maison Blanche, ils ont parfaitement bien compris que le déplacement de M. Aubin de la Messuzière était de nature privée, individuelle.

(Vous dites qu’il n’y a eu qu’un seul contact avec l’ancien ambassadeur. Il a déclaré lui aussi qu’il avait eu un seul contact, mais vous parlez au pluriel. Est-ce qu’il a eu d’autres contacts privés individuels, peut-être liés à Sciences-Po aussi ou ailleurs, qui ont eu lieu ou est-ce qu’il est le seul à avoir eu un contact privé individuel, qui ne remettent pas en cause, bien sur, votre politique ?)

Quand je dis "des contacts" c’est pour banaliser. Je vous ai cité d’autres pays qui le font, les Israéliens aussi.

(Je parle de la France)

M. Aubin de la Messuzière est un chercheur qui a eu un contact avec le Hamas.

(Est-ce qu’il y en a eu d’autres ?)

Il y a des contacts mais ce qui est important, c’est de bien distinguer entre un contact de nature universitaire, privée, et ce qui relève du dialogue politique.

(Mais chaque fois le Quai d’Orsay doit être mis au courant ?)

Je ne pense pas que l’on soit chaque fois mis au courant.

(Il y a quand même une contradiction entre ce que vous vous dîtes et ce que le ministre dit ? Le ministre a parlé hier a plusieurs reprises de contacts entre la France et le Hamas. Ce qui est complètement différent d’une visite privée, d’un citoyen privé qui part en vacances.)

Il n’y a pas de contact officiel, politique, entre la France et le Hamas. Il y a des contacts privés, c’est le cas de M de la Messuzière.

(Est-ce qu’on pourrait au moins savoir à quand remontent ces contacts et quand est-ce que ces contacts ont été repris ? Parce que le ministre a entamé sa phrase au début de l’entretien avec M. Elkabach ?)

Interrogez M. de la Messuzière.

(Vous avez insisté à deux reprises tout à l’heure que vous demandez à Hamas d’arrêter la violence ?)

Nous demandons à tous dans la région d’arrêter les violences.

(Comme ça c’est équilibré, parce que vous avez insisté sur le coté palestinien et vous n’avez rien dit sur le coté israélien.)

Vous m’avez interrogée sur le Hamas mais nous avons toujours demandé à toutes les parties de cesser toutes les violences. Vous le savez très bien. Il n’y a aucun doute sur notre position.

(Je voudrais savoir concernant les contacts avec les diplomates français, avec quel responsable du Hamas, à quels niveaux avec le Hamas sont-ils établis et est-ce que ce diplomate vous à fait part de certaines avancées sur des points concernant la question israélo-palestinienne ?)

Encore un fois, interrogez-le. Je suis en train de vous expliquer que c’est privé, individuel. Je ne vais pas vous dresser la liste des contacts qu’il a eus.

(Mais c’est un ancien ambassadeur ?)

Ce n’est pas en cette qualité là qu’il s’est déplacé, c’est en tant que chercheur associé à Sciences-Po. C’est un déplacement privé. Je n’ai pas à rendre compte de ses déplacements, de ses contacts. J’ai lu hier dans le Figaro certains des contacts dont il a rendu compte. Interrogez-le.

(Mais vous avez été en contact avec lui aujourd’hui là-dessus ?)

Je n’ai pas été en contact aujourd’hui avec lui. Je vous ai dit qu’il avait informé le ministère, la direction compétente.

(Quel est votre commentaire à propos des négociations indirectes entre Hamas et Israël ?)

C’est leur responsabilité. Ce n’est pas à nous de prendre position sur ce point. Nous appelons à la cessation des violences et nous encourageons les discussions entre le Premier ministre israélien, le président de l’Autorité palestinienne, tous les hommes de bonne volonté qui essaient de faire progresser vers un règlement, vers un Etat palestinien que nous attendons tous. Les parties négocient comme elles le souhaitent et nous les soutenons dans leur effort de paix.


POINT DE PRESSE DU 19 MAI 2008

A l’occasion de la conférence de soutien à l’investissement privé dans les Territoires palestiniens qui se tiendra à Bethléem du 21 au 23 mai, le ministre effectuera une visite dans les Territoires palestiniens et en Israël.

A Bethléem, le ministre a l’intention d’encourager le potentiel du secteur privé palestinien et de rappeler l’impératif d’une amélioration de la situation sur le terrain, notamment en termes de liberté de circulation.

Dans les Territoires palestiniens, le ministre s’entretiendra avec MM. Mahmoud Abbas, Salam Fayyad et Abou Ala. Il fera des visites sur le terrain : à Bethléem pour évaluer les conditions de développement des activités économiques, et à Hébron où il rencontrera le maire de la ville et des représentants de la présence internationale (TIPH).

En Israël, le 22 mai, il sera reçu par le Premier ministre, M. Ehud Olmert. Il s’entretiendra avec son homologue, Mme Tzipi Livni, ainsi qu’avec le vice-Premier ministre, M. Haïm Ramon, et le ministre de la Défense, M. Ehoud Barak. Par ailleurs, le ministre dînera avec plusieurs membres de la Knesset promoteurs du projet de loi ’’évacuation-compensation’’ afin d’insister sur l’importance du gel par Israël de la colonisation.

Cette visite, qui s’inscrit aussi dans le cadre de la préparation de la Présidence française de l’Union européenne, donnera au ministre l’occasion d’encourager les deux parties à approfondir leurs négociations en vue de parvenir, avant la fin de l’année 2008, à la création d’un Etat palestinien indépendant, démocratique et viable, vivant en paix et en sécurité aux côtés d’Israël.

[...]

(Entendez-vous poursuivre votre dialogue avec le Hamas ? Si oui, à quel niveau ? Aviez-vous prévenu vos collègues américains auparavant ?)

La question ne se pose pas dans ces termes. Il n’y a aucune relation politique, aucune négociation avec le Hamas.

Le déplacement à Gaza de M. Yves Aubin de la Messuzière, chercheur associé à Sciences-Po, dont le ministère était informé, s’est déroulé sur une base individuelle comme cela est le cas pour des personnalités de nombreux pays, et encore récemment le président Carter./.


POINT DE PRESSE DU 16 MAI 2008

(Au sujet de la célébration du soixantième anniversaire de la création de l’Etat d’Israel et également la commémoration de la Nakba palestinienne, j’ai été surpris qu’hier vous n’ayiez fait aucune déclaration concernant ces deux événements. En voyant les télévisions et les discours, que ce soit en Israel, en palestine, dans les territoires palestiens et dans les capitales arabes, on a vu que vous avez gardé un profil bas. Quel est votre positionnement ? Est-ce que vous avez changé de stature, vous n’avez rien dit à propos de ces deux événements historiques ?)

Vous me donnez l’occasion de rappeler notre position qui n’a pas changé : nous soulignons l’urgence de la création d’un Etat palestinien indépendant, souverain, viable, démocratique et vivant en paix avec Israël. Nous soutenons pleinement le processus politique initié par le premier ministre israélien et le président de l’Autorité palestinienne et nous les encourageons à poursuivre résolument leurs discussions pour arriver à un accord d’ici la fin de l’année./.


POINT DE PRESSE DU 15 MAI 2008

(Avez-vous une réaction au tir d’une roquette qui a touché Ashkelon en Israël ? Attribuez-vous cet acte au Hamas, comme le font les Etats-Unis ?)

La France condamne fermement la poursuite des tirs de roquettes à partir de la bande de Gaza contre le territoire israélien. Ces tirs ont coûté la vie, le vendredi 9 mai et le lundi 12 mai, à deux civils israéliens dont une femme âgée de 70 ans dans les localités de Kfar Aza et de Yésha et ont blessé grièvement plus d’une dizaine de personnes ce mercredi 14 mai à Askhelon.

La France est extrêmement préoccupée par la situation dans le sud d’Israël et dans la bande de Gaza. Elle appelle l’ensemble des parties à la plus grande retenue et à la cessation des violences.

S’agissant de votre deuxième question, ces tirs sont à notre connaissance le fait de mouvements radicaux palestiniens.

Je saisis cette occasion pour redire que dans la situation actuelle il est indispensable de préserver la voie du dialogue et de la négociation avec les partisans d’une paix juste et durable au Proche-Orient.


POINT DE PRESSE DU 5 MAI 2008

Le ministre des Affaires étrangères et européennes s’est rendu à Londres vendredi 2 mai.

Il a représenté la France lors de la réunion du Comité ad hoc de liaison (AHLC) qui a permis de réaffirmer le soutien de la communauté internationale aux réformes lancées par le président Abbas et le Premier ministre Salam Fayyad et de faire le point sur le suivi des engagements annoncés à Paris. L’Union européenne et les Etats-Unis ont respecté leurs engagements en soutenant budgétairement l’Autorité palestinienne. Le ministre a invité les pays qui n’avaient pas encore versé leur aide à le faire rapidement et à convertir une partie de leur aide-projet en aide budgétaire.

L’ensemble des participants a constaté une dégradation de la situation économique et a invité les autorités israéliennes à faire plus pour soutenir concrètement l’Autorité palestinienne et notamment pour favoriser la liberté de circulation.

Le ministre a salué le communiqué du Quartet, publié le jour même, qui soutient la poursuite des négociations israélo-palestiniennes sur le statut final, invite les parties à changer d’approche vis-à-vis de Gaza et appelle Israël à geler toute colonisation, y compris la croissance naturelle.

Le ministre a également participé à la réunion du groupe E3+3 (France, Royaume-Uni, Allemagne, Etats-unis, Chine, Russie) consacrée au dossier nucléaire iranien. Dans le cadre de leur politique reposant d’un côté sur l’appel à la négociation et de l’autre sur le recours aux sanctions en l’absence de réponse de l’Iran, les Six ont décidé de prouver une fois de plus leur volonté de négocier en présentant à l’Iran une nouvelle offre de coopération fondée sur celle qu’ils avaient présentée en 2006.

A la suite de leur déclaration commune, faite à l’issue du vote de la résolution 1803, dans laquelle ils avaient confirmé leur offre de 2006 et annoncé qu’ils étaient prêts à la développer dans le cadre de leur double approche, les Six se sont mis d’accord sur les termes d’une nouvelle offre qui sera prochainement remise à l’Iran.

Il s’agit d’une offre ambitieuse qui comporte des propositions concrètes dans le domaine du nucléaire civil, en matière politique et de sécurité et pour la coopération économique et technologique. Elle souligne le bénéfice que tirerait l’Iran d’une approche coopérative sur le dossier nucléaire.

Nous espérons que l’Iran, après remise de cette nouvelle offre, choisira enfin la voie du dialogue et de la négociation.

(Les Nations-Unies vont suspendre leurs livraisons d’aide alimentaire à Gaza faute de carburant, en raison de restrictions aux livraisons imposées par Israël. Quelle est votre réaction ?)

La situation humanitaire de la population à Gaza est intolérable comme le montrent notamment tous les rapports des Nations unies.

Il importe que les organisations internationales puissent apporter toute l’assistance nécessaire aux populations. Nous appelons à la réouverture des points de passage pour permettre un libre accès des services et des biens de base.


POINT DE PRESSE DU 30 AVRIL 2008

(Quel bilan faites-vous à ce stade du processus d’Annapolis ?)

L’heure n’est pas encore au bilan. Nous avons confiance dans la capacité des parties à aboutir à un accord, dans la capacité des Palestiniens à construire des institutions fortes et efficaces et dans celle des Israéliens à les aider dans cette démarche et à se retirer des territoires occupés. Il faut aboutir.

(Est-ce que la France soutiendra les efforts pour établir un cessez-le-feu immédiat à Gaza, comme l’ont proposé initialement les militants palestiniens avant l’attaque de l’armée israélienne lundi ayant provoqué l’annulation de cette offre palestinienne ?)

La France appelle à l’arrêt des violences. Nous soutenons toutes les propositions permettant d’atteindre cet objectif.


POINT DE PRESSE DU 29 AVRIL 2008

(Pouvez-vous nous donner une réaction sur les démarches turques pour une paix entre la Syrie et Israël ?)

Je n’ai pas de détails particuliers sur la démarche que vous indiquez mais nous sommes favorables à tout ce qui pourrait permettre au Processus de paix de progresser. Nous espérons que la dynamique d’Annapolis va porter ses fruits.

Une réunion va se tenir à Londres dans quelques jours. Il y a des efforts de la part de nombreuses parties concernées, nous le savons et nous espérons vraiment que tout cela va permettre au Processus de paix de progresser.

(Concernant l’initiative turque, la proposition, d’après le président syrien, serait qu’Israël rende le plateau du Golan à la Syrie en échange d’un accord de paix. Est-ce que c’est en accord avec ce que souhaite la France concernant les frontières de 1967 ?)

L’accord de paix sera un accord global et la discussion, la négociation, se fera entre les parties. Lorsqu’il y aura un accord des parties sur ce sujet comme sur l’ensemble des sujets, on parviendra à un accord global.

Je n’ai pas pour le moment connaissance des réactions des deux parties concernées. Espérons que ce type de proposition aidera au progrès du Processus de paix mais il faudra l’accord de toutes les parties pour permettre un règlement final.

(Une question sur les négociations entre les Israéliens et le Hamas. Est-ce que vous êtes en contact avec les autorités égyptiennes ou israéliennes ? Est-ce que la France participe à ces efforts ?)

Le ministre a eu des contacts à Koweït. Il avait eu aussi des contacts avec son homologue égyptien lors de la venue du président Moubarak à Paris. Notre objectif est d’améliorer la situation à Gaza. Tout ce qui peut aider à apaiser la situation, et c’est précisément ce à quoi visent les efforts égyptiens, nous l’encourageons, nous le soutenons.

(Etes vous satisfaits de la situation ?)

Ce que nous voulons, ce sont des résultats. Nous sommes satisfaits de tout ce qui peut aider à apaiser la situation mais nous savons qu’à Gaza la situation est tragique.


POINT DE PRESSE DU 28 AVRIL 2008

(Les forces israéliennes ont tiré lundi sur une maison dans le nord de la bande de Gaza tuant quatre enfants et un adulte. Une réaction ?)

La France est extrêmement préoccupée par l’escalade de la violence à Gaza et dans le sud d’Israël.

La France réitère sa condamnation des actions terroristes à partir de Gaza. Elle appelle à la cessation de toutes les violences et déplore les opérations militaires israéliennes qui font des victimes parmi la population civile palestinienne.

La population civile de Gaza ne peut continuer à supporter cette situation. Le Hamas doit respecter les principes qui guident le processus de paix, au premier chef la renonciation à la violence. Israël doit ouvrir les points de passage et laisser passer l’aide humanitaire.

(Le nombre de morts palestiniens s’élève maintenant à sept et l’opération à Beit Hanoun continue. Demandez-vous un arrêt des hostilités par Israël ?)

Je vous renvoie à ma réponse précédente.


POINT DE PRESSE DU 22 AVRIL 2008

(Comment la France interprète les dernières déclarations de Hamas concernant l’Etat palestinien et le refus de reconnaître Israël. Est-ce que vous estimez qu’il y a une évolution ou pensez-vous que les choses n’ont pas changé ?)

La position que nous avons à l’égard du Hamas, qui est aussi celle de l’Union européenne, n’a pas changé : nous appelons le Hamas à respecter les principes du Quartet et au premier chef la renonciation à la violence. Ceci étant rappelé, tout acte concret du Hamas qui pourrait aller dans le sens de la renonciation à la violence doit être encouragé et nous encourageons donc toute démarche qui, comme celle de M. Carter, pourrait aider à une telle évolution du Hamas.

(Est-ce que l’on peut avoir vos commentaires sur le rapport qui a été établi par le secrétaire des Nations unies concernant la résolution 1559 ?)

Cela fait partie des sujets sur lesquels le ministre pourra être appelé à donner son avis à Koweït. Cela dit, ce rapport fait un constat de la situation qui montre qu’il faut continuer à faire tout ce que nous pouvons pour appliquer les résolutions des Nations unies.


POINT DE PRESSE DU 17 AVRIL 2008

La France est très préoccupée par l’escalade de la violence à Gaza et dans le sud d’Israël qui a causé hier la mort de plusieurs civils palestiniens et de soldats israéliens.

La France réitère sa condamnation de la poursuite des tirs de roquettes à partir de Gaza et déplore les incursions israéliennes qui font des victimes parmi la population civile palestinienne. Elle appelle à la cessation de toutes les violences.

La France rappelle sa vive préoccupation face à la détérioration de la situation humanitaire dans la bande de Gaza. Elle réaffirme la nécessité d’une ouverture des points de passage et d’un approvisionnement continu en électricité et en produits de base. Si l’annonce par les Israéliens de la reprise de livraisons de fioul à Gaza est un élément positif, il importe de mettre fin à l’isolement prolongé de Gaza qui crée de grands risques politiques, économiques et sécuritaires.


POINT DE PRESSE DU 16 AVRIL 2008

(Des ONG ont demandé un rendez-vous express avec M. le ministre pour évoquer le sort du franco-palestinien M. Hamouri qui est détenu en Israël depuis trois ans. Est-ce que le ministre a l’intention de recevoir les représentants de ces organisations ?)

Les représentants de ces associations ont été reçus lundi par le conseiller du ministre en charge de ce dossier. Le ministre, qui a rencontré Mme Hamouri lors de son dernier déplacement à Jérusalem, continue à suivre personnellement la situation de M. Hamouri qui doit être sans délai jugé ou libéré.


POINT DE PRESSE DU 15 AVRIL 2008

(Avez-vous un commentaire sur la condamnation du jeune franco-palestinien à sept ans de prison par un tribunal de Jérusalem ?)

Je pense que vous parlez de M. Hammouri. Vous savez que chaque fois que le ministre a eu des contacts avec les autorités israéliennes, il a évoqué ce cas et nous avons obtenu que le jugement intervienne en principe d’ici la fin de la semaine.

(Mais il a déjà été condamné.)

Le jugement doit intervenir à ma connaissance le 17 avril.

(Est-ce qu’il y a un accord entre la France et Israël ?)

Sur l’existence d’un accord de coopération judiciaire entre la France et Israël, je vais me renseigner.

(Au sujet de l’ancien président Jimmy Carter, le ministre s’est prononcé plusieurs fois sur l’intérêt de dialoguer avec le Hamas. Il a dit à plusieurs reprises qu’il faudrait le faire à un moment donné. Est-ce que vous soutenez la démarche du président américain et par ailleurs est-ce que vous avez une réaction au refus d’Israël de le laisser aller à Gaza ?)

Je n’ai pas à commenter le déplacement de M. Carter qui agit à titre personnel. Notre position vis-à-vis du Hamas, vous la connaissez, le ministre s’est encore exprimé à ce sujet la semaine dernière. Le Hamas est inscrit sur la liste des organisations terroristes. Il y a des conditions posées pour que le dialogue puisse être établi avec lui. Et surtout, comme l’a dit le ministre, le dialogue avec le Hamas relève de la décision des autorités palestiniennes. C’est à elles de juger à quel moment ce dialogue peut avoir lieu.

(Vous parlez du président Abbas ?)

Je parle du président de l’Autorité palestinienne bien sûr.

(A l’occasion de la Présidence française, lancerez-vous une quelconque initiative pour convaincre les Européens de s’ouvrir au Hamas ?)

La Présidence française débute le premier juillet 2008, nous avons encore un peu de temps jusque-là. Nous verrons ce que nous ferons, en concertation avec nos partenaires européens.

(Concernant la situation économique et sociale à Gaza, avez-vous un commentaire ? Jusqu’à quand laissera-t-on la situation pourrir de cette manière ? Il y a même des catastrophes écologiques maintenant là-bas ?)

Nous savons tout cela et nous faisons tout ce que nous pouvons pour mettre fin à cette situation. Comme l’a dit le président de la République lors de la Conférence de Paris, comme l’a dit le ministre, le Processus de paix concerne aussi Gaza. Gaza sera également partie de la solution.


POINT DE PRESSE DU 7 AVRIL 2008

(Avez-vous un commentaire sur la rencontre du président palestinien Mahmoud Abbas avec le Premier ministre israélien Ehud Olmert ?)

Nous soutenons pleinement le processus politique que le Premier ministre d’Israël et le président de l’Autorité palestinienne ont initié avec courage et détermination depuis Annapolis. Israéliens et Palestiniens doivent parvenir à un compromis historique, nécessairement difficile. Nous les encourageons à poursuivre résolument les négociations et à aller de l’avant en vue d’un règlement final avant la fin de l’année 2008. Cela doit se traduire d’abord par des avancées concrètes sur le terrain.


POINT DE PRESSE DU 31 MARS 2008

(Le chef de Hamas a annoncé que le soldat franco-israélien Gilad Shalit serait toujours en vie. Quelle est votre réaction ? Etes-vous favorables à la libération de prisonniers palestiniens en échange du soldat Shalit ?)

L’annonce faite par le Hamas est un élément positif. Nous continuerons à exiger sans relâche la libération de notre compatriote Gilad Shalit et sommes favorables à un échange de prisonniers qui irait en ce sens.


POINT DE PRESSE DU 28 MARS 2008

(La porte-parole en a déjà parlé hier mais que pensez-vous de l’accord entre le Hamas et le Fatah ? Il semblerait que les Américains tentent de bloquer les choses, le président Bush a invité Mahmoud Abbas à Washington en mai prochain. Les analystes semblent dire que les Américains ne souhaitent pas une réconciliation entre les Palestiniens. Quelle est la position exacte de la France et de l’Union européenne à ce sujet ? On dit même que, si le Premier ministre M. Fayyad est remplacé, l’aide financière serait suspendue. Pouvez-vous nous apporter votre commentaire et confirmer cette information ?)

Non, je ne vais pas commenter des évolutions hypothétiques sur la personne qui dirige le gouvernement palestinien.

Je vous rappelle qu’en ce moment-même, en Slovénie, il y a un "Gymnich", qui est la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, et qu’un point Proche-Orient est prévu. Il sera évoqué très bientôt puisque c’est à l’occasion du déjeuner des ministres que cette question sera discutée.

S’agissant du dialogue avec le Hamas, tout ce qui permet de favoriser et de faire progresser la réconciliation palestinienne est évidemment quelque chose que nous soutenons et que nous appelons de nos vœux. Pour notre part, les conditions d’un dialogue avec le Hamas sont bien connues. Elles ont été exprimées à plusieurs reprises. Nous avons rappelé les principes auxquels doit se référer, que doit accepter le Hamas, principes que vous connaissez : reconnaissance du droit à l’existence de l’Etat d’Israël, renonciation à la violence et acceptation des accords qui ont été signés dans le passé avec Israël. Ce sont ces principes qui forment la base de notre position vis-à-vis du Hamas, étant entendu que nous sommes évidemment très, très préoccupés par la situation humanitaire, par la dégradation de la situation humanitaire à Gaza.

Nous souhaitons que des gestes soient faits, que des mesures soient prises pour permettre une amélioration de cette situation. Il va de soi que le règlement du problème palestinien ne se fera pas sans Gaza.


POINT DE PRESSE DU 27 MARS 2008

(Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a estimé hier qu’un accord de paix complet avec les Palestiniens ne pourrait pas être conclu d’ici fin 2008. Croyez-vous qu’un Etat palestinien pourra être créé avant la fin de l’année comme prévu à Annapolis ?)

A ma connaissance, M. Olmert n’a pas exclu qu’un accord de paix puisse être conclu d’ici la fin 2008.

La France appelle les parties à poursuivre leurs discussions afin de permettre, avec le soutien de la communauté internationale, la conclusion d’un accord avant la fin 2008, conformément aux engagements pris à Annapolis et à la mise en oeuvre desquels nous sommes très attachés.

(M. Ehud Olmert a réaffirmé que la construction de logements dans les grands blocs de colonies de Cisjordanie ainsi qu’à Jérusalem-Est allait se poursuivre. Avez-vous un commentaire ?)

Notre position est connue : la France condamne la poursuite de la colonisation qui porte atteinte à la viabilité du futur Etat palestinien. De façon générale, nous invitons les autorités israéliennes à s’abstenir de toute action unilatérale qui pourrait préjuger du statut final des Territoires palestiniens et remettre en cause le processus de paix.

(Approuvez-vous la proposition de Moscou d’accueillir la conférence de suivi du processus de paix engagée lors de la Conférence d’Annapolis ?)

A la suite des conférences d’Annapolis et de Paris, nous accueillons favorablement le principe d’une conférence internationale à Moscou sur le processus de paix au proche-Orient.

Cette conférence ne sera toutefois utile que si les parties respectent effectivement les engagements pris à Annapolis et que des progrès sont constatés sur le terrain et dans la vie quotidienne du peuple palestinien.


POINT DE PRESSE DU 25 MARS 2008

(Que pense la France de l’accord qui vient d’être signé entre le Hamas et le Fatah)

Nous avons vu que des discussions avaient été entamées. Nous soutenons tout ce qui peut aider au dialogue et faire progresser la paix dans cette région, mais je n’ai pas aujourd’hui les résultats précis de ces discussions.

(Vu la situation actuelle au Proche-Orient, avez-vous un commentaire ? Il y a plusieurs jours que vous n’en avez pas fait.)

Nous espérons que les discussions se poursuivent entre l’Autorité palestinienne et les Israéliens. Nous espérons que tout cela permettra de progresser vers la paix.


POINT DE PRESSE DU 21 MARS 2008

M. Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, se rendra dans les Territoires palestiniens et en Israël du 22 au 24 mars. A cette occasion, il aura des entretiens notamment avec le Premier ministre palestinien, M. Salam Fayyad, et avec la ministre israélienne des Affaires étrangères, Mme Tzipi Livni.

M. Jouyet présentera les priorités de la prochaine présidence française du Conseil de l’Union européenne et abordera la question des relations entre l’Union européenne et l’Autorité palestinienne ainsi qu’entre l’Union européenne et Israël. Ses entretiens porteront également sur la relance du processus de paix, le suivi de la conférence internationale des donateurs pour l’Etat palestinien qui s’est tenue à Paris le 17 décembre 2007 et les conditions de la mise en oeuvre rapide des projets financés au titre de cette conférence.


POINT DE PRESSE DU 13 MARS 2008

(Les opérations militaires israéliennes hier soir, qui ont tué au moins quatre Palestiniens à Bethlhéem et ailleurs, mettent fin à une trêve relative de quatre jours entre les parties et mettent en péril les efforts diplomatiques égyptiens. Quelle est votre réaction à la reprise de ces assassinats israéliens ? En parlerez-vous avec le président Pérès qui est à Paris ?)

’’La France appelle toutes les parties à la plus grande retenue. Il n’y a pas de solution militaire à la crise actuelle dont le règlement passe d’abord par l’établissement d’un cessez-le-feu complet. La France condamne la poursuite des tirs de roquettes contre Israël et exige leur arrêt complet.

Nous appelons également Israël, notamment à l’occasion des contacts politiques que nous avons avec les autorités israéliennes, à mettre fin à la pratique illégale des exécutions extra-judiciaires.’’


POINT DE PRESSE DU 10 MARS 2008

(Le Premier ministre israélien a donné son feu vert dimanche à la relance de la construction de 750 logements dans la colonie de Givat Zeev en Cisjordanie. Une telle mesure va-t-elle de pair avec l’esprit de négociations de paix ?)

Vous connaissez notre position : la France condamne la poursuite de la colonisation qui porte atteinte à la viabilité du futur Etat palestinien.

De façon générale, nous invitons les autorités israéliennes à s’abstenir de toute action unilatérale qui pourrait préjuger du statut final des Territoires palestiniens et remettre en cause le Processus de paix.

(Comment évaluez-vous la médiation égyptienne entre Israël et Hamas pour aboutir a une trêve ?)

La France soutient tout ce qui favorise l’apaisement des tensions entre Israéliens et Palestiniens pour parvenir à un accord de paix avant la fin de l’année.


POINT DE PRESSE DU 7 MARS 2008

Q - L’actualité du jour est quand même l’attentat sanglant de Jérusalem. Dans vos paroles précédentes j’ai cru comprendre que vous faites le lien entre ce qui s’est passé à Gaza et à Jérusalem. Je voulais vous demander si, à votre avis, le processus de paix est plus ou moins compromis aujourd’hui et quel est le rôle que la France entend jouer dans la suite des événements ?

R - Le processus de paix est la seule solution. Comparer les attentats ne m’intéresse pas. Je les condamne tous. Je condamne le lancer des fusées Qassam et des fusées Grad sur Israël. Je condamne l’acharnement qu’il y a eu sur Gaza et qui n’a, hélas, pas arrêté les fusées. Je condamne bien entendu l’attentat de Jérusalem dans une école talmudique. Malheureusement, les chiffres changent et lorsqu’ils changent, ils changent vers le haut. Je ne sais pas s’il y a eu 8, 9 ou 10 victimes en dehors des blessés. Oui, je condamne tout cela. Je sais qu’il n’y a pas de solution militaire. Je sais, et les Israéliens et les Palestiniens le savent aussi, qu’il n’y a une solution que dans la paix et l’instauration d’un Etat palestinien viable, démocratique et indépendant. C’est cela la sécurité d’Israël.

Alors que peut faire la France ? La France est chargée, avec la Commission européenne, avec M. Tony Blair pour le Quartet, avec les Norvégiens, du suivi de la Conférence de Paris, qui fut un succès. Il faudrait que les projets soient mis en place et ils ne le sont pas assez rapidement. Justement, le premier projet, grâce à l’intervention de M. Ehud Barak, se mettait en place à Gaza, c’était la station d’épuration d’eau. Tout est à nouveau remis en question. Donc, nous sommes chargés du suivi de ces projets. Nous donnions de l’argent pour le budget palestinien, la France a donné de l’argent bien sûr, mais enfin, nous avions l’argent de la Conférence de Paris et nous sommes chargés du suivi et de son application. En ce sens, oui bien sûr, nous intervenons. Il y a d’ailleurs, le 25 mars je crois, à Bruxelles, une réunion à nouveau ; ce n’est plus à Paris car la Commission européenne est responsable d’autres projets spécifiques et des projets de la Conférence de Paris ; nous nous revoyons donc dans cette formation.

Evidemment nous continuons, évidemment je retournerai sur place. Tout le monde sait que la solution est la formation d’un Etat palestinien. Tous les Israéliens qui ont négocié avec les Palestiniens, tous les Palestiniens qui ont négocié avec les Israéliens le savent. Je sais que des progrès sont faits au sommet. Vous savez qu’il y a quatre personnes qui discutent, c’est M. Ehud Olmert avec M. Abou Mazen, c’est Mme Tzipi Livni avec M. Abou Ala. A ce niveau, les choses avancent mais elles n’avancent pas sur le terrain, au contraire. Est-ce que cette démarche des quatre sera suffisante ? Je l’espère très fortement. Je sais qu’il n’y a pas hélas, d’autre solution. C’est pourquoi à chaque communiqué - vous savez, sempiternellement, faire un communiqué de condamnation - nous nous demandons si nous condamnons fermement ou très fermement, et à quoi cela avance ? La phrase importante, c’est à la fin de ce communiqué, qui dit : "il n’y aura d’autre solution que la poursuite du processus de paix et la création d’un Etat palestinien". Pour la première fois, la Conférence de Paris était consacrée à l’Etat palestinien et le financement était pour l’Etat palestinien. C’était une avancée mais évidemment, elle est très insuffisante s’il n’y a pas d’Etat palestinien. Est-ce qu’il faut signer pour un Etat palestinien ? Est-ce qu’il faut reconnaître un Etat palestinien d’avance ? Je n’en sais rien mais il faut un Etat palestinien.

Q - Pourquoi n’avez-vous pas appliqué ce que vous avez demandé pour le Kosovo pour la Palestine ?

R - C’est justement ce que je viens de vous dire. Vous ne pouvez pas comparer.

Q - Vous êtes le champion de l’intervention humanitaire et cela fait 60 ans que le peuple palestinien est sous occupation et dans l’impasse. Je sais que vous avez une bonne volonté pour trouver une solution, mais on entend beaucoup de paroles et on voit peu d’actes sur le terrain.

R - C’est vrai, je le déplore autant que vous, mais la situation n’est pas la même. Pourquoi le Kosovo a été reconnu pour le moment par 22 Etats, si je ne m’abuse - et il y en aura 30, 40 et plus encore ? Parce que la situation spécifique du Kosovo, où il y avait eu une intervention internationale était - par rapport aux autres situations dont on parle, l’Ossétie du Sud, l’Abkhazie, le Nagorny Karabakh - tout à fait différente, parce qu’il y avait des troupes, des milliers d’hommes de l’OTAN et des milliers d’administrateurs des Nations unies. Là, ce n’est pas le cas.

En revanche, pour abonder dans votre sens, est-ce que cela servirait à quelque chose d’imposer cet Etat de l’extérieur ? C’est de l’intérieur que cela s’est fait au Kosovo. Nous avons dit, nous la France, que si une intervention d’interposition des internationaux, qu’ils soient soldats, administrateurs et sans doute les deux, était nécessaire, la France y participerait. Je déplore cette lenteur moi aussi. Tout le monde sait que cela ne peut pas finir autrement. Vous n’avez pas tort, cette question est juste.


POINT DE PRESSE DU 6 MARS 2008

(Les ministres arabes des Affaires étrangères ont mentionné hier qu’ils retireraient l’initiative arabe de paix, à la lumière de son ignorance de la part d’Israël. Quel est votre commentaire ?)

Nous n’avons pas encore connaissance des résultats de la réunion ministérielle de la Ligue arabe.

(Pensez-vous que l’initiative arabe reste toujours la base des négociations sur les questions du statut final ?)

Comme nous l’avons rappelé à l’issue de la conférence d’Annapolis, nous considérons que pour qu’une solution juste et durable soit trouvée au conflit israélo-palestinien, les négociations sur le statut final devront se fonder notamment sur les résolutions 242, 338, 1397 et 1515 du Conseil de sécurité, les termes de référence de la Conférence de Madrid et les principes de l’initiative de paix arabe.

(Un rapport publié jeudi 6 mars par une coalition de huit organisations non gouvernementales (ONG) britanniques indique que le bouclage de Gaza par Israël a entraîné la pire crise humanitaire depuis 1967. Les ONG invitent à ouvrir des négociations avec le Hamas. Quelle est votre réaction ?)

La France est très préoccupée par la situation humanitaire très critique dans la bande de Gaza. Les mesures de blocus israéliennes conduisent à punir collectivement la population civile. En outre, les récentes violences ont entraîné plus de 120 morts et de nombreux blessés. Les hôpitaux sont surchargés et manquent de matériels.

La France a décidé de mobiliser en urgence 200 000 euros pour l’ONG médicale palestinienne Palestinian Medical Relief Society (PMRS) afin d’apporter un soutien immédiat aux centres de santé de cette ONG, notamment ceux de Jabaliya et Beït Lahia, situés au cœur des incidents.

S’agissant du Hamas, il doit montrer par des gestes concrets qu’il respecte les principes qui guident le processus de paix, au premier chef la renonciation à la violence.


POINT DE PRESSE DU 5 MARS 2008

(Soutenez-vous l’appel du président palestinien Mahmoud Abbas à "une trêve israélo- palestinienne afin de réaliser la paix d’ici à la fin de cette année " ?)

La France appelle à la cessation des violences et à la poursuite des discussions afin de permettre des progrès sur l’ensemble des paramètres du statut final.

(M. Abbas a affirmé que les négociations de paix suspendues avec Israël ne reprendraient qu’après la conclusion d’une trêve mettant fin aux violences. Approuvez-vous cette condition pour la reprise des négociations ?)

Je vous renvoie à ma réponse précédente.


POINT DE PRESSE DU 4 MARS 2008

(Le président de l’Autorité palestinienne a décidé de geler les négociations avec Israël, en raison des attaques israéliennes contre les Palestiniens. Avez vous des commentaires à ce sujet ?)

La situation est dramatique, nous le savons tous. Nos espérons que les discussions pourront reprendre et que le Processus de paix pourra progresser.

(Le ministre palestinien chargé des prisonniers a rencontré Rama Yade cette semaine ou la semaine dernière. Avez-vous des éléments sur cette rencontre ?)

Non. Je vais me renseigner.


POINT DE PRESSE DU 3 MARS 2008

La France prend note de l’annonce par Israël du retrait de ses troupes de la bande de Gaza. Elle réitère sa condamnation des tirs de roquettes et rappelle sa condamnation de l’opération militaire israélienne qui s’est traduite par de nombreuses victimes parmi la population civile palestinienne. La France appelle à l’arrêt de toutes les violences. Il n’y a pas de solution militaire.

L’escalade récente de la violence à Gaza et dans le sud d’Israël a conduit à de très nombreuses pertes en vies humaines, notamment des femmes et des enfants.

La population civile de Gaza ne peut continuer à supporter cette souffrance collective. Le Hamas doit respecter les principes qui guident le processus de paix, au premier chef la renonciation à la violence. Israël doit ouvrir les points de passage et laisser passer l’aide humanitaire. Une solution politique doit être trouvée pour mettre un terme aux violences et réinsérer Gaza dans le processus de paix.

La France appelle les parties à poursuivre leurs discussions afin de permettre, avec le soutien de la communauté internationale, au processus de paix de progresser.


POINT DE PRESSE DU 29 FEVRIER 2008

(Qu’est ce que vous avez à dire sur la situation catastrophique - on peut parler de génocide - des Palestiniens à Gaza comme à Naplouse. Par ailleurs, avez-vous lu les déclarations du vice-ministre de la Défense israélien concernant les Palestiniens et indiquant ce qu’il allait faire d’eux. Je ne peux pas vous répéter ici le contenu de ces déclarations car je ne souhaite pas être antisémite mais je pense que vous comprenez ce que je veux dire.)

Sur le dernier point, je suis désolée mais je n’ai pas vu les déclarations dont vous parlez.

Quant à la terrible situation qui règne actuellement dans les Territoires et en particulier à Gaza, nous déplorons la mort de quatre enfants hier dans la bande de Gaza. Nous continuons d’appeler les autorités israéliennes à la plus grande retenue pour enrayer l’escalade de la violence. Nous condamnons la pratique des exécutions extrajudiciaires qui sont contraires au droit international.

Nous appelons également à l’arrêt complet des tirs de roquettes par les factions palestiniennes contre le territoire israélien.

Nous sommes extrêmement préoccupés par tous ces actes de violence qui minent les efforts de paix et menacent la stabilité de la région.

(Mais le président de la République ne peut-il pas faire quelque chose au niveau des Nations unies ? Le climat devient vraiment catastrophique ! La situation à Gaza est très préoccupante, cela devient impossible. Vous n’avez pas le droit de rester inactif, il faut vraiment faire quelque chose. Vous bougez pour l’Afghanistan, pour le Liban, les marines américains sont maintenant le long de la côte libanaise, pourquoi la France ne fait-elle rien pour sauver des vies humaines, car c’est de cela qu’il s’agit ! Ces gens n’ont rien à voir avec le Hamas ou avec ceux qui lancent des missiles, ce sont seulement des civils.)

Nous sommes tous d’accord sur l’importance de la vie humaine. Vous ne pouvez pas dire que nous ne faisons rien et je vous rappelle que le ministre français des Affaires étrangères et européennes s’est rendu le week-end des 16 et 17 février dans la région. Il a eu les contacts que vous savez et il a obtenu des choses concrètes, en particulier la livraison de ciment à Gaza, ce qui n’était pas le cas avant.

Nous sommes tout à fait conscients de la tragédie qui frappe cette partie du monde.

Vous savez très bien à quel point nous sommes actifs dans toutes les enceintes internationales, que ce soit à l’Union européenne ou aux Nations unies.

(Vous vous contentez de déplorer la mort de quatre enfants. Au moins, vous pourriez condamner le fait de s’en prendre aux civils et de massacrer des enfants !)

Nous avons toujours dit que nous condamnions tous les actes de violence. Nous déplorons la mort de ces quatre enfants, nous déplorons toutes les morts qui frappent la population palestinienne. Nous avons également déploré la mort d’un Israélien voici quelques jours à cause des tirs de roquettes.

Nous sommes tous conscients de la tragédie qui sévit dans cette région et je vous renvoie aux déclarations du ministre lorsqu’il s’y trouvait voici quelques jours. Il n’a pas caché sa déception par rapport à l’impulsion qui avait été donnée à Annapolis.


POINT DE PRESSE DU 28 FEVRIER 2008

Nous condamnons les tirs de roquettes qui ont causé la mort d’un Israélien. Nous appelons à leur arrêt immédiat.

Nous appelons également les autorités israéliennes à la plus grande retenue. Nous condamnons la pratique des exécutions extrajudiciaires qui sont contraires au droit international.

La France est très préoccupée par ces actes de violence qui minent les efforts de paix et menacent la stabilité de la région.’’

(Plusieurs civils palestiniens dont un bébé de cinq mois ont été tués dans un raid aérien israélien sur Gaza. Quelle est votre réaction ?)

Je vous renvoie à la déclaration que je viens de faire.

(Le bilan des actions militaires des deux côtés s’élève à 16 Palestiniens tués et un Israélien tué. A part les appels à la retenue, que peut faire la communauté internationale pour arrêter l’escalade de la violence ? La France a-t-elle perdu confiance dans la capacité de MM. Abbas et Olmert pour mener à bien le processus de paix cette année ?)

MM. Abbas et Olmert partagent le même objectif et la même détermination politique.

Nous les appelons à poursuivre leurs discussions en dépit des violences. Nous souhaitons que leurs efforts pourront, avec le soutien de la communauté internationale, faire avancer le processus de paix.


POINT DE PRESSE DU 26 FEVRIER 2008

Est-ce que vous avez des informations nouvelles quant à la situation économique à Gaza ?)

Je n’ai rien de nouveau par rapport à ce que je vous ai dit hier, sauf qu’il y a eu un tir de roquette qui a atteint un enfant israélien. Donc je le redis : que les tirs de roquettes cessent, cela contribuera à apaiser la situation./.


POINT DE PRESSE DU 25 FEVRIER 2008

Des milliers d’écoliers palestiniens ont commencé ce matin à former une chaîne humaine dans la bande de Gaza pour protester contre le bouclage imposé par Israël. Approuvez-vous cette action pacifique ?)

La France est très préoccupée par la situation dans la bande de Gaza.

Nous demandons à Israël de lever le bouclage de ce territoire afin de permettre le passage de l’aide d’urgence et des produits de base. Nous appelons également à la réouverture des différents points de passage. Nous soutenons tout ce qui permet à la paix de progresser et appelons dans ce contexte toutes les parties à la retenue.

(Quatre palestiniens ont été tués par l’armée israélienne dans la nuit dans la bande de Gaza. Quelle est votre réaction ?)

Nous déplorons l’opération israélienne qui a fait quatre morts dans la bande de Gaza et nous appelons les autorités israéliennes à ne pas entretenir le cycle de la violence.

Nous demandons également l’arrêt complet des tirs de roquettes par les factions palestiniennes contre le territoire israélien.


POINT DE PRESSE DU 22 FEVRIER 2008

(Concernant le Proche-Orient, quelle est la situation du futur Etat palestinien et quelles sont les initiatives à propos du point de passage entre l’Egypte et les Territoires occupés ? Les contrôleurs y retourneront-ils ? Y aura-t-il des avancées selon vous ?)

Il n’y a pas d’élément nouveau par rapport aux dernières déclarations que j’ai faites à ce sujet. Nous restons très attachés à la poursuite du Processus qui a été relancé à Annapolis. Nous espérons que la situation dans les Territoires va s’améliorer et nous avons souhaité, vous le savez, la réouverture des points de passage. S’agissant de la mission EUBAM à Rafah, nous avons dit que nous étions prêts à la réactiver. Cela dépend évidemment de l’accord des pays concernés.

(Israël est l’invité d’honneur du Salon du Livre à la fin du mois de mars. La position du Quai d’Orsay est critiquée dans le monde arabe. Avez-vous un commentaire ?)

Pour l’instant, j’ai vu qu’il y avait des déclarations privées, de professionnels. Je n’ai vu aucune décision officielle de la Ligue arabe ou d’un gouvernement arabe. Le Salon du Livre est pour nous une manifestation culturelle extrêmement importante. Il faut que cette manifestation reste un lieu d’ouverture et de dialogue et toute décision qui irait à l’encontre de cet objectif serait pour nous extrêmement regrettable.

(Vous avez invité 40 israéliens. Pourquoi n’avez-vous pas invité des écrivains palestiniens pour équilibrer la position ?)

Chaque année il y a un pays qui est l’invité d’honneur. On ne peut pas inviter les pays du monde entier. C’est pour nous l’occasion d’échanges, de dialogue, d’ouverture. Nous sommes très heureux qu’Israël soit aujourd’hui l’invité d’honneur et nous espérons que cela permettra des échanges ouverts, fructueux, positifs.


POINT DE PRESSE DU 20 FEVRIER 2008

(Pendant la visite du ministre dans les Territoires occupés le week-end dernier, est-ce que M. Abbas a renouvelé sa demande d’une assistance militaire de la France ? Si oui, à quel niveau, et quelle était la réponse de la France à une demande éventuelle de cette nature ?)

Cette question n’a pas été évoquée lors des entretiens du ministre mais je vous rappelle que nous sommes favorables à un soutien européen accru à la réforme des services de sécurité palestiniens et examinons les demandes formulées en ce sens par le gouvernement de M. Fayyad, notamment dans le cadre de la mise en oeuvre du plan de réforme et de développement palestinien.

(Dans quelle mesure a-t-on discuté du déploiement d’une force internationale dans les Territoires occupés, particulièrement à la frontière de Gaza, avec M. Abbas ? Est-ce qu’il y a convergence sur cette question entre MM Abbas et Kouchner ?)

Cette question qui fait partie des paramètres d’un règlement global n’a pas été spécifiquement évoquée mais nous sommes favorables au déploiement, le moment venu et lorsque les conditions seront réunies, d’une force internationale qui viendrait en soutien des forces de sécurité palestiniennes pour accompagner la mise en oeuvre d’un accord israélo-palestinien.

(Selon une dépêche de l’AFP : ’’Un haut responsable palestinien a estimé mercredi que les Palestiniens devaient imiter le Kosovo en proclamant unilatéralement leur indépendance, faute de progrès dans les négociation avec Israël’’. Seriez-vous prêt à reconnaître un tel Etat palestinien ?)

La France soutient le processus visant à l’établissement d’un Etat palestinien viable dans le cadre d’un accord négocié entre les parties sur la base des résolutions pertinentes des Nations unies.


POINT DE PRESSE DU 19 FEVRIER 2008

Déplacement au proche-Orient, point de presse, du Ministre des Affaires étrangères et Européennes, M. Bernard Kouchner, avec les correspondants de la presse française à Jérusalem

Jérusalem, 17 février 2008

Q - Le Kosovo s’apprête à déclarer son indépendance. Un premier mot, Monsieur le Ministre.

R - Je souhaite bonne chance aux Kosovars. Nous n’avons pas défini notre position, nous verrons demain puisqu’il y a, à Bruxelles, une réunion des ministres des Affaires étrangères. Je souhaite bonne chance à mes amis Serbes. Je crois qu’il ne faut pas prendre les choses au tragique, c’est difficile, c’est un choix très difficile, mais il n’y a pas eu d’avancée dans la négociation, il n’y a pas eu de possibilité de se parler, malgré deux ans de négociations. Alors, on verra bien.

Je pense que c’est le début, difficile sûrement, d’une accession kosovare à l’existence indépendante. Mais, pour les Serbes, je suis sûr que c’est le début, surtout pour la jeunesse serbe, d’une venue vers l’Union européenne. Je pense qu’il n’y avait pas d’autre solution, bien que, encore une fois, je ne sois pas sûr des positions qui seront prises demain à Bruxelles. Mais ne prenons pas cela comme un évènement tragique, un fracas, une déchirure, un découpage. C’est l’expression de deux peuples, on verra.

Q - A titre personnel, cela doit vous faire plaisir quand même ?

R - Je pense qu’il faut considérer cela - encore une fois, il n’est pas acquis que l’Union européenne ait une attitude unitaire - comme un succès en tout cas de la communauté internationale, des voix que l’on appelle multilatérales, donc de l’ONU. Ça n’est pas long, vous savez, 8 ans, 9 ans. Regardez ce qui se passe ici.

Il y a eu des guerres, des malheurs, des choses épouvantables qui se sont passées dans cette région difficile des Balkans. Là, je crois que ce sera un évènement qui mettra fin à certaines souffrances.

Q - Il y a un refus russe de la décision des Kosovars...

R - Oui. Il y a des refus d’autres pays aussi, ce sont leurs affaires, il y en a qui refusent parce qu’ils pensent que c’est un précédent. Moi, je crois que tout vaut mieux que de se déchirer et se faire la guerre.

Q - Il n’y a pas un danger de crise en Europe ?

R - Mais il y avait une crise déjà en Europe, il y a un danger de la régler, je trouve donc que c’est un danger très positif.

Q - Pensez-vous que l’élimination de Mougnieh fasse craindre des représailles ici en Israël ? Nasrallah a émis des choses très graves.

R - Je ne sais pas. Vous savez, il y a un cycle de représailles et d’assassinats dans cet endroit du monde qui devrait s’arrêter et je souhaite qu’il s’arrête. De toute façon je pense que l’assassinat n’est pas la méthode de règlement politique du conflit.

Q - Un journal israélien a annoncé ce matin qu’on pourrait voir la libération de Gilad Shalit dans les prochains jours, en tout cas un accord sur sa libération. Est-ce que vous en savez plus, puisque Gilad Shalit est aussi français ?

R - Absolument, il est français et nous en parlons à chaque fois et nous tentons à chaque fois de le faire libérer. Je serais très heureux que ce que vous venez de nous dire puisse arriver, je l’espère infiniment. Je ne sais pas si cela fait partie d’un accord plus général. Je souhaite qu’il y ait un accord pour Gaza, que les points de passage soient réouverts, que la population de Gaza souffre moins et je souhaite également que les fusées ne tombent plus sur Israël, bien entendu, et l’un ne va pas sans l’autre. Si Gilad Shalit peut sortir, je serai particulièrement heureux, pas seulement parce qu’il est un citoyen français mais aussi parce qu’il est prisonnier depuis longtemps et que nous souhaitons tous sa libération.

Q - Vous n’avez pas de détails supplémentaires ?

R - Je n’en ai pas pour le moment et je vous assure que si j’en avais je ne vous les donnerai pas.

Q - Ehud Barak vous a t-il parlé des check-points ? Vous a t-il dit qu’il allait les enlever ?

R - Non, il n’a pas dit cela. Ce que je lui ai dit, c’est qu’il y avait, semble-t-il, une démarche qui venait de l’Autorité palestinienne et qui avait reçu l’assentiment de la Ligue arabe, de l’Union européenne, je crois des Américains aussi, et puis aussi de la conférence des pays islamiques, cela fait beaucoup !

Ce n’est pas à moi de dire qu’Israël doit négocier avec le Hamas. Mais si, profitant de ce mouvement, de cette proposition, qui vient d’une partie de la communauté internationale, on pouvait régler le problème du passage, je crois qu’Israël pourrait en bénéficier, qu’à cette occasion il pourrait y avoir une entente : que, d’un côté, les roquettes cessent de pleuvoir sur Israël, parce que ce n’est pas supportable et, d’un autre côté, que les Palestiniens, qui souffrent terriblement dans la partie de Gaza, puissent bénéficier d’une vie non pas normale mais améliorée.

Q - Et pour la Jordanie ?

R - C’est différent. Sur les check-points j’ai demandé et affirmé, puisque je crois qu’on l’avait vérifié, que rien n’avait bougé depuis trois mois, deux mois et demi en fait, depuis ma dernière visite et la Conférence de Paris avec des projets qui comportaient certainement la liberté de mouvement en Cisjordanie ou au moins une amélioration de la liberté de mouvement.

Alors, le ministre de la Défense s’en est étonné car il m’avait promis que les choses bougeraient et nous avons pris deux engagements : lui, de faciliter, sur deux projets, l’un pour la station d’épuration d’eau à Gaza et l’autre pour la construction qui créerait beaucoup d’emplois dans la région de Naplouse, une construction de maisons. J’ai dit que je reviendrai, et que tous les deux nous irions voir ce qui a été fait pratiquement pour la levée de ces check-points dans ces deux cas.

Q - Lui avez-vous parlé du projet français, qui consiste à construire un centre culturel français à Gaza, qui nécessite l’entrée de camions transportant du ciment ?

R - Pour le moment, je voudrais l’entrée de camions transportant du ciment pour la station d’épuration. Or, il n’y a que 40 tonnes qui sont rentrées alors qu’il en faut des centaines et des centaines. Voilà, nous avons conclu là-dessus, qu’on allait, j’espère, faciliter le passage de ces camions.

Enfin, je pense que la station d’épuration, c’est-à-dire avoir de l’eau potable, ne pas craindre les épidémies, qui d’ailleurs ne toucheraient pas seulement les gens de Gaza mais aussi les habitants d’Israël, et ne pas polluer aussi l’ensemble de l’environnement, cela me paraît plus important, malgré l’importance que j’accorde au centre culturel français bien sûr.

Q - Des camions humanitaires ont transporté des explosifs vers Gaza...

R - Oui. Eh bien cela arrive de temps en temps, que voulez-vous que je vous dise ?

Il y a toujours quelqu’un qui utilise à mauvais escient la Croix Rouge ou l’humanitaire...

Q - C’est quand même beaucoup d’humour pour une chose très grave ! C’est très grave pour Israël, Monsieur le Ministre.

R - Vous n’avez vu que cette guerre, Monsieur, moi j’en ai vu plein.

Vous auriez du reconnaître que c’est hélas l’habitude.

Q - Mais tout de même est-ce que l’Europe doit quand même faire quelque chose pour contrôler les camions qui rentrent dans Gaza ?

R - Vous voudriez que l’Europe contrôle les camions humanitaires maintenant ? Ce n’est pas à nous de contrôler les camions humanitaires, sauf s’il y a un accord, c’est exactement de que je viens de dire. Donc, s’il y a un accord de contrôle et que l’Europe y souscrit, nous contrôlerons aussi les camions, mais jusque là nous ne les contrôlons pas.

Q - Un mot sur le cas de Salah Hammouri. Vous avez vu sa mère hier, vous deviez en parler aujourd’hui aux autorités israéliennes. Quelle est la position que vous défendez ?

R - Oui, en effet, j’en ai parlé et je vais encore en parler.

Q - A propos des négociations, Monsieur le Ministre, est-ce que la négociation concernant Jérusalem a été évoquée ? Les Palestiniens affirment que la négociation a déjà été engagée.

R - Je sais que les deux responsables, c’est-à-dire le président de l’Autorité palestinienne et le Premier ministre israélien, parlent de tout. Ils n’ont pas encore abordé tous les sujets, et cela n’est pas à moi de dévoiler ce que je connais à peine. Ils sont plutôt satisfaits de leurs conversations, comme d’ailleurs sont plutôt satisfaits de leurs conversations les deux autres, qui en parlent, c’est-à-dire Tzipi Livni et Abou Ala. Laissons-les sur leur satisfaction, qui nous conforte beaucoup. Est-ce suffisant ? Je ne le crois pas, mais c’est un point très important. Ils sont contents, cela continue, même si, en dessous, il devrait y avoir des conversations techniques et des groupes de travail qui, j’espère, arriveront très vite.

Pour le moment, même si on n’est pas content de ce qui se passe au niveau des check-points, de la circulation en Cisjordanie, il faut constater que les choses ne sont pas arrêtées, même si c’est un creux, même si cela n’est pas très enthousiasmant pour le moment, même s’il n’y a pas de soutien populaire, les choses avancent et cela ne fait que deux mois et demi. Alors, espérons que cela ira plus vite.

Q - L’équipe de la Conférence des donateurs, vous avez dit que vous n’en étiez pas très satisfait ?

R - Moi ? La Conférence des donateurs ? 7,7 milliards de dollars.

Q - Non, cela n’a pas donné de résultats sur le terrain ? L’argent ?

R - L’argent nous l’avons, les projets nous les avons. Ce qui nous navre un petit peu, c’est qu’ils ne soient pas mis en application maintenant. C’est pour cela que je réponds aux check-points, évidemment si vous n’avez pas de liberté de mouvement, c’est très difficile de mettre au point, non seulement les camions de ciment qui arrivent et même la circulation des hommes. Si vous allez à votre chantier et qu’il faut 4 h pour y aller, cela n’est pas possible.

Q - Monsieur le Ministre, une question de politique intérieure. M. de Villepin, M. Bayrou et Mme Royal ont signé un appel à la vigilance républicaine. En tant que ministre d’ouverture, vous en pensez quoi ?

R - Cet appel, je n’en pense rien. Il est très surprenant dans sa composition et je tiens comme très intéressante la façon dont ils ont dit - comme j’étais en Palestine au moment où ils l’ont dit - que la politique extérieure devait respecter le droit des peuples.

Q - Vous êtes un ministre d’ouverture ?

R - Je suis un ministre ouvert./.

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POINT DE PRESSE DU 18 FEVRIER 2008

Déplacement au proche-Orient, déclaration du Ministre des Affaires étrangères et Européennes, M. Bernard Kouchner

Bethléem, 16 février 2008

Je suis venu rendre visite à mes amis : le maire, le gouverneur et le ministre. J’ai choisi de venir à Bethléem car cela représente un réel symbole de paix future et de développement. Je sais que la situation, ici à Bethléem, n’est pas facile à supporter pour les dirigeants et la population. Je sais que la population souffre, mais nous avons de l’espoir, M. le ministre et moi-même, grâce à ce processus de paix et parce que nous étions à la Conférence de Paris.

J’espère que nous vivrons des jours meilleurs et que nous connaîtrons des projets de développement, ici, à Bethléem. J’espère également que les touristes du monde entier reviendront à Bethléem, pas seulement pour voir l’église de la Nativité mais également pour y rencontrer les habitants de la région. Ici, c’est un endroit particulier, il y a une part importante de l’histoire des religions, mais les gens qui vivent à Bethléem sont également importants.

Nous serons ensemble, à Bethléem, pour les mois ou les années à venir, avec un Etat palestinien libre, démocratique et viable. C’est la seule solution pour parvenir à la paix. Je suis sûr de cela et nous devons tous en être persuadés.

C’est également le seul moyen pour Israël de vivre en sécurité, à côté de l’Etat palestinien. C’est pourquoi j’ai choisi de commencer ma visite par la Palestine et Bethléem./.

Point de presse du Ministre des Affaires étrangères et Européennes, M. Bernard Kouchner

Bethléem, 16 février 2008

Q - Depuis la Conférence d’Annapolis et ce qui en a suivi, l’ambiance est plutôt pessimiste. Vous avez entendu le gouverneur, vous avez entendu le maire...

R - Ils sont impatients, nous sommes tous impatients. Il est vrai qu’il y a des retards, qu’il y a trop d’obstacles, mais je ne suis pas pessimiste. Si nous sommes pessimistes, que va-t-on trouver en échange ? Nous savons qu’il faut construire un Etat palestinien. Qu’il soit démocratique, qu’il soit viable, à côté de l’Etat d’Israël. C’est la seule manière de vivre ensemble pour Israël et pour les Palestiniens.

Ils doivent vivre ensemble et c’est la solution. Combien de temps faudra-t-il attendre ? Je ne sais pas. En tous cas, après la Conférence de Paris, après le plan de Salam Fayyad, le Premier ministre palestinien, nous avons des projets et nous avons le financement. Nous devons sortir de cette visite avec des projets acceptés des deux côtés. Quand je parle des Palestiniens, je parle aussi de Gaza. Nous devons changer leur vie quotidienne et donner de l’espoir aux Palestiniens.

Je ne suis pas pessimiste mais je ne me dis pas non plus, tous les jours, que tout fonctionne bien.

Q - Vous parlez d’espoir et le gouverneur de Bethléem vous a fait remarquer que la situation était pire que pendant la Conférence économique de Paris ou la Conférence d’Annapolis, avec la poursuite de la construction de la colonisation.

R - Oui, et nous avons, évidemment, plusieurs fois fait remarquer à nos amis israéliens que cela ne pouvait pas se poursuivre.

Il y a quelques jours, le Premier ministre, M. Ehud Olmert, a décidé, et j’espère que cela sera suivi d’effets, qu’il n’y aurait plus de permis de construire, que c’était illégal. C’est un progrès considérable. Je sais que certains permis avaient déjà été délivrés, que les permis sont là et que les constructions se poursuivent mais, apparemment, il y a un progrès politique, il n’y aura plus d’autre délivrance de permis. Je ne suis pas responsable de tout cela, personne ne l’est vraiment, tout le monde dit oui et après cela ne se fait pas.

Je sais qu’il ne faut plus qu’il y ait de construction, mais cela n’est pas possible. S’il y a des colonies qui se construisent, on ne peut pas espérer que le Processus de paix se poursuive dans de bonnes conditions, c’est évident, nous le savons./.

Entretien du Ministre des Affaires étrangères et Européennes, M. Bernard Kouchner, avec la Palestinian Broadcasting Corporation-PBC

Ramallah, 16 février 2008

Q - Aujourd’hui, vous avez appelé les pays donateurs qui se sont engagés lors de la Conférence de Paris à apporter de l’aide financière à l’Autorité palestinienne, à transformer les paroles en actes. Cela veut-il dire que la Conférence de Paris qui a été un succès pour vous et votre pays rencontre des difficultés ?

R - Cela veut dire que nous n’allons pas assez vite. Cela veut dire qu’il ne suffit pas d’avoir l’argent. Il faut une volonté commune pour que cet argent passe dans des projets qui puissent changer la vie quotidienne des palestiniens. C’était le but du plan que le Premier ministre, M. Salam Fayyad, a soumis à la Banque mondiale, que nous avons accepté et que nous devons mettre en application. C’est malheureusement cela qui tarde.

Q - A ce sujet vous avez également réaffirmé que l’établissement d’un Etat palestinien indépendant est une condition pour atteindre la paix et vous avez appelé au gel de la colonisation en Cisjordanie et au démantèlement des colonies sauvages, pensez-vous qu’il est encore possible d’arriver à un règlement final en 2008 ?

R - Je l’espère. Si cela ne tenait qu’aux représentants de la Conférence des donateurs - à Tony Blair, à la Commission européenne, à M. Jonas Stoere ou à la France -nous le ferions volontiers mais, malheureusement, cela ne tient pas qu’à nous.

Vous avez raison de parler de la colonisation. Nous avons insisté, et nous insisterons encore, auprès de nos amis israéliens pour que la colonisation soit bloquée, interdite, terminée. Il nous a été répondu, pour le moment, que les nouveaux permis devenaient illégaux ; c’est une victoire ! Il n’empêche qu’il y a encore des colonies qui se développent, mais le fait que le Premier ministre, M. Ehud Olmert, ait promis à M. Abu Mazen, à l’Autorité palestinienne, de geler, de rendre illégaux tous les nouveaux permis, est un petit progrès. Je pense qu’il faut le reconnaître. Mais cela ne suffit pas, il faut aller plus vite.

Q - Mais la réalité sur le terrain est qu’il y a de nouvelles colonies comme l’a annoncé le gouvernement israélien il y a deux jours, en particulier autour de la ville de Jérusalem, ce qui signifie qu’il n’y a pas d’engagement israélien.

R - Oui, je connais cet argument, qui semble juste, mais je pense qu’il s’agit des nouveaux permis qui sont bloqués. Ceux qui avaient été autorisés, d’après nos amis israéliens - et je crois que nos amis palestiniens ont reçu la même réponse - ne peuvent pas être complètement gelés parce qu’ils avaient été délivrés et que la loi israélienne ne permettrait pas de les bloquer.

Tout cela est quand même une affaire de volonté politique de part et d’autre. Est-ce qu’il y a une volonté de paix de part et d’autre ? Est-ce que je le crois encore ? Personnellement, je le crois encore même si je regrette que ce soit si lent. Après tout, ayons un peu d’espoir. Il y a six mois, il était impossible de penser tout cela. Et quand je parle des Palestiniens, je pense aux Palestiniens de Gaza comme à ceux de Cisjordanie.

Q - Aujourd’hui vous avez visité Bethléem, ainsi que la vieille ville de Jérusalem. Vous avez rencontré des personnalités et des hommes d’affaires palestiniens et vous avez appelé les touristes à revenir à Bethléem mais également dans le reste des Territoires palestiniens. Vous avez déclaré espérer revenir dans quelques mois dans un Etat palestinien indépendant et libre. Ces paroles donnent de l’espoir aux Palestiniens, sur quoi vous êtes-vous basé ?

R - Cela s’appelle l’espoir, cela s’appelle la paix, cela s’appelle la bonne volonté, cela s’appelle l’obstination. C’est surtout nécessaire de la part des Palestiniens et des Israéliens. Toutes les guerres se sont terminées par des paix, nous le savons très bien, nos amis palestiniens comme nos amis israéliens. Nous sommes les amis des deux camps et nous pouvons leur parler franchement.

Nous savons qu’il n’y a pas d’autre chemin et que cela finira, par nécessité établie, par la construction d’un Etat palestinien indépendant, viable, aidé dans ses structures, son administration, son développement par la communauté internationale.

Ce que nous ne savons pas, c’est encore combien de temps et combien de morts. Mais les Palestiniens et les Israéliens se rencontrent très souvent, vous le savez bien, et sont persuadés que cela va se passer comme cela. Alors pourquoi, grand dieu, attend-on encore ? On sait que c’est la solution. L’immense majorité d’Israël comme de la Palestine souhaite cela. Vous savez comment s’appelle la Conférence de Paris ? Conférence pour l’Etat palestinien. Pour la première fois, nous disions l’Etat palestinien, alors faisons-le !

Q - Monsieur le Ministre, pour nous Palestiniens il y a deux questions extrêmement importantes qu’il faut surmonter pour que le peuple palestinien puisse jouir d’un minimum de liberté de circulation et vivre dignement. Premièrement : cessez les agressions quotidiennes d’Israël en Cisjordanie et Gaza. Deuxièmement : le coup d’Etat du Hamas à Gaza. Quelle est l’opinion de la République française à ce sujet ?

R - Gaza, c’est un problème en soi, avec des conditions de vie épouvantables pour les habitants, avec des conditions de vie de plus en plus difficiles, de plus en plus précaires pour les besoins élémentaires : pour l’eau, bien sûr, pour la nourriture, pour les médicaments. Cela n’est pas supportable.

La position de la France est très claire : nous continuons d’aider la population de Gaza. Mais cela n’est pas suffisant, il faut une solution politique. Je pense que les contacts se poursuivent entre l’Autorité palestinienne et le Hamas. Ce n’est pas directement notre affaire. Nous pouvons seulement souhaiter que ces contacts soient productifs. Nous pouvons aider mais l’aide humanitaire ne suffit pas, il faut un règlement politique. C’est un problème politique auquel il faut un règlement politique.

Vous me direz que les Israéliens, qui reçoivent entre 10 et 50 roquettes tous les jours, sont fondés à dire : "cela ne sert à rien que nous ayons évacué Gaza" - car ils ont évacué Gaza, peut-être trop vite, peut-être sans négociation, mais ils ont évacué Gaza, ils ont tout détruit, y compris les synagogues.

Il y a une solution positive qui passe, peut-être, par une entente provisoire, un cessez-le-feu des deux côtés. Mais, en tous cas, je sais que le peuple palestinien n’est pas d’un côté, les habitants de Gaza et, de l’autre, les "bons" en Cisjordanie : c’est plus compliqué.

Mais le fondement, c’est clair, c’est l’espoir. Nous savons bien, encore une fois, qu’avec Gaza - puisque M. Abu Mazen parlait de référendum et le Premier ministre, Salam Fayyad, parlait de contact - c’est aux Palestiniens de s’entendre, on en est tous là.

Nous savons que la solution, c’est un Etat palestinien indépendant, il n’y en a pas d’autre. C’est la seule solution à la sécurité de nos amis israéliens. Désolé d’être si répétitif mais c’est comme cela. En dehors de cela, je ne vois rien, en dehors de cela, il n’y a plus d’espoir.

Regardez où nous en étions, il y a un an. Puis il y a eu le processus d’Annapolis. Nous, les Français, l’avons saisi au vol et nous avons fait la Conférence de Paris. Succès économique, certes, mais succès politique aussi. On a parlé beaucoup plus politique à la Conférence de Paris qu’on en avait parlé à Annapolis. Est-ce que c’est suffisant ? Non, ce n’est pas suffisant. Mais il faut que le plan du Premier ministre Salam Fayyad passe dans l’action, dans la transformation de la vie quotidienne. Il faut que les Palestiniens sachent que cela peut aller mieux pour eux et, donc, des projets sont déjà présentés aux Palestiniens. Ces projets seront également présentés aux Israéliens en leur disant : "faisons-le ensemble".

Q - Cela veut-il dire que le dossier économique devancera à long terme le dossier politique ?

R - Je pense souvent que les économistes sont plus intelligents que les hommes politiques. Vous savez, les industriels palestiniens rencontrent les industriels israéliens et ils se connaissent très bien. Donnez-leur la possibilité de trouver un règlement politique et ils vont le trouver.

Les hommes politiques sont, surtout en Israël mais en Palestine aussi, pris dans les affaires intérieures et ces affaires intérieures pèsent évidemment sur les décisions politiques. Pour régler un problème politique, surtout en démocratie, il faut avoir conscience que ce sont la société civile, les économistes, les industriels, les gens de la vie quotidienne, qui doivent s’exprimer. Ils doivent faire entendre leur voix, ils doivent dire "Khalas" (Finissons).

Q - Eloignons-nous quelque peu de la situation en Palestine et Israël, pour évoquer d’autres questions. Nous savons que l’Union européenne et la France entretiennent des contacts avec l’Iran, afin peut-être de servir d’intermédiaires pour éviter les frappes contre l’Iran sur le dossier nucléaire. Pensez-vous que la diplomatie aboutisse ?

R - Je crois que, actuellement, il n’y a pas de danger immédiat mais, évidemment, il faut éviter les confrontations. Il est évident qu’il y a des gens qui pensent qu’il y aurait une solution militaire. La France ne pense pas cela du tout, au contraire.

Nous avons proposé, depuis longtemps, aux Iraniens de dialoguer et nous avons eu beaucoup de contacts. Pour le moment, nous ne nous sommes pas assez entendus.

Vous le savez, un document signé par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, plus les Allemands - c’est-à-dire les Russes, les Chinois, les Américains, les Anglais, les Allemands et les Français - a été présenté au Conseil de sécurité des Nations unies. Il s’agira de la troisième résolution, je l’espère, si on arrive à se mettre d’accord. Les six sont déjà d’accord, ce qui est un signe d’unité et un signe politique très important.

Pendant ce temps-là, nous offrons toujours le dialogue et dans ce document, le dialogue est très clairement évoqué.

Je pense que rien ne se passera sans qu’on ne reconnaisse la place de l’Iran, la grande place de l’Iran, dans cet endroit du monde, le Moyen-Orient et, aussi, de l’autre côté de l’Iran, vers l’Asie, vers le Pakistan, vers l’Afghanistan, etc. C’est une énorme civilisation, une très ancienne civilisation que la civilisation iranienne, il faut lui donner sa place.

Le gouvernement iranien fait des déclarations que nous ne pouvons pas accepter, en particulier sur l’existence de l’Etat d’Israël. Nous ne pouvons pas accepter cela, nous ne l’accepterons jamais. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas dialoguer.

Q - Vous serez dans doute d’accord avec moi Monsieur le Ministre sur la nécessité d’un dialogue sur un autre dossier : les tambours de la guerre commencent à retentir sur le front israélo-libanais ; après les événements récents, si la guerre éclate cela menace toute la région, mais aussi la paix mondiale : la France pense-t-elle intervenir pour éviter une guerre ?

R - Vous me posez décidément les questions les plus difficiles.

Je ne sais pas quelle est la solution de la crise libanaise, sauf la bonne volonté affichée de toutes les communautés libanaises de s’entendre sur un candidat commun pour l’élection présidentielle qui est déjà retardée de mois en mois. Pour cela, il faut une preuve de bonne volonté et pour le moment, nous n’assistons qu’à des preuves de renforcement et peut-être même de danger de confrontation là encore.

Nous sommes désolés, nous avons essayé tout ce que nous avons pu. La Ligue arabe a essayé après la France, la "French initiative" et puis l’initiative de la Ligue arabe, et aussi les Saoudiens. Pour le moment, cela ne réussit pas. C’est très désolant pour nos amis libanais. Encore une fois, la France est l’amie de toutes les communautés libanaises, nous n’avons pas de préférence chez les chiites, chez les sunnites, chez les chrétiens. Tous doivent s’entendre s’ils veulent que le Liban survive.

Les dangers viennent de l’extérieur, mais si au moins, à l’intérieur, il y avait une entente minimum, ce serait bien. Or vous l’avez dit, il y a le Hesbollah qui se réarme, il y a les influences de la Syrie, de l’Iran, des pays occidentaux aussi bien sûr. Et tout cela n’est pas de nature à apporter la paix pour le moment.

Je ne suis pas très optimiste pour le Liban, à court terme, mais il y a un gouvernement qui a été chargé, officiellement et selon la constitution libanaise, de diriger le pays, c’est le gouvernement de M. Fouad Siniora. Il faut le soutenir et nous le soutenons, l’Union européenne et la France, en particulier./.

Point de presse conjoint, du Ministre des Affaires étrangères et Européennes, M. Bernard Kouchner, avec le Président de l’Autorité Palestinienne, M. Mahmoud Abbas, devant la presse

Ramallah, 16 février 2008

(...)

Merci, Monsieur le Président.

Nous sommes sensibles à ces compliments. C’est actuellement la Slovénie qui préside le Conseil de l’Union européenne et la Présidence française ne viendra qu’en juillet. Nous sommes tout à fait disposés, à ce moment-là, à continuer nos efforts, comme nous sommes disposés à le faire maintenant, dans la suite de la Conférence de Paris.

En effet, notre position est claire, le président de la République, M. Sarkozy, l’a répété plusieurs fois. Il a été dit à la Conférence de Paris, qu’un Etat palestinien devait naître, que nous étions sur le chemin de l’existence d’un Etat viable et démocratique à côté de l’Etat israélien.

Nous travaillons donc à la naissance de cet Etat palestinien, nécessaire à la sécurité d’Israël.

Sans cet Etat palestinien, il n’y aura pas de sécurité pour nos amis israéliens.

Nous sommes partisans, nous l’avons déclaré plusieurs fois, de la fin de la colonisation, comme cela a été promis par le Premier ministre israélien.

Mais nous sommes également partisans de l’ouverture des points de passage vers Gaza. Pour nous, la situation quotidienne des Palestiniens n’est pas supportable, aussi bien à Gaza qu’en Cisjordanie.

Nous sommes également partisans de l’arrêt des tirs de roquettes sur Israël. S’il y a des tirs de roquettes sur Israël, on comprend que la réaction israélienne sera également une réaction brutale. Il faut arrêter cela, il faut qu’il n’y ait plus de tirs sur Israël.

Nos amis israéliens le disent, nos amis palestiniens le disent aussi. Nous continuerons, nous sommes obstinés, nous croyons fermement qu’il n’y a pas d’autres solutions que la paix et l’existence de ces deux Etats : Israël-Palestine ; Palestine-Israël.

Nous sommes l’ami des Israéliens, nous sommes l’ami des Palestiniens. C’est très difficile de maintenir cette attitude, mais nous la maintenons.

(...)

Les aides sont déjà arrivées, dès décembre, janvier, l’argent est là. Mais ce sont les projets, l’amorce de ces projets qui manquent et cela n’est pas de notre responsabilité, c’est de la responsabilité des Israéliens et des Palestiniens.

Je crois que le rôle de la France a toujours été clair, nous sommes hostiles à la poursuite de la colonisation, nous l’avons déclaré, le président de la République française l’a déclaré très clairement. Je le dis devant vous, on ne peut pas poursuivre à la fois un processus de paix, faire confiance à ses voisins, construire un Etat palestinien et continuer à bâtir ou à projeter des implantations sur cet Etat palestinien.

Nos amis israéliens connaissent notre position, nous ne leur cachons pas, nous ne leur cacherons pas demain. Nous avons une attitude de franchise avec nos amis israéliens et avec nos amis palestiniens.

Q - Monsieur le Ministre, deux mois et demi se sont écoulés depuis le Sommet d’Annapolis qui a relancé la Feuille de route, considérez-vous que les Israéliens et les Palestiniens, chacun de leur côté, ont réalisé des progrès dans l’application de ce texte et si oui dans quel domaine ?

(...)

R - Je n’emploierai pas le mot ou l’expression ’’Feuille de route’’ qui rappelle d’autres souvenirs.

Je dirais qu’à partir de la Conférence d’Annapolis, dans le but d’obtenir la création d’un Etat palestinien, il y avait des projets à mettre en place, contenus dans le plan du Premier ministre, M. Salam Fayyad. Ces projets sont trop longs à venir. Même les projets que M. Tony Blair, le Quartet, l’Union européenne, M. Jonas Stoere et la France étaient pratiquement certains de mettre en œuvre, nous ne les avons pas. Il est vrai que la lenteur est terrible, pas pour nous mais pour les Palestiniens dont la vie quotidienne doit changer avec la réalisation d’un, deux, trois, quatre projets.

Nous sommes prêts, il est vrai que c’est lent, mais, les démarches de paix sont un processus très lent. Il y a des hauts, il y a des bas. Nous sommes dans un bas, cela va remonter, cela vachanger. Il y aura des désillusions, il y aura des retours en arrière, cela ne nous découragera pas. Il n’y a pas d’autre solution que la paix, il n’y a pas d’autre solution que deux Etats côte à côte, vivant en entente et en toute pratique démocratique.

Q - Qu’en est-il des progrès réalisés par les Israéliens dans l’implication de la Feuille de route ?

R - Vous savez très bien qu’il n’y a ni progrès suffisants, ni progrès réels et c’est cela que nous déplorons. Cela peut se déclencher, nous l’espérons, demain, mais concernant ces projets sur lesquels nous avons travaillé - je n’ignore pas le rôle des Américains, je n’ignore pas le rôle du suivi de la Conférence d’Annapolis - à partir de la Conférence de Paris, nous avons et l’argent et la volonté de le faire. On ne peut pas dire que nous soyons très satisfaits aujourd’hui, encore une fois d’un point de vue extérieur ; mais c’est surtout les Palestiniens qui ne sont pas satisfaits que leur vie quotidienne ne commence pas à changer un peu. Nous sommes obstinés, nous allons continuer. Nous ne sommes pas désespérés.

Q - Monsieur le Ministre, vous venez de dire que la France est l’amie des Palestiniens et aussi des Israéliens. Le président Sarkozy a annoncé il y a quelques jours qu’il allait venir en Israël pour assister aux célébrations du 60ème anniversaire de la création de l’Etat d’Israël. Est-ce qu’il a l’intention de visiter les Territoires palestiniens à cette occasion aussi ?

R - Je ne connais pas son programme mais cela ne m’étonnerait pas. Le président de la République continue de dire que c’est essentiel : nous sommes les amis des Israéliens, l’existence d’Israël pour nous ne fait aucun doute, et nous n’admettons pas qu’elle soit remise en question. Mais nous sommes les amis des Palestiniens et nous voulons qu’il y ait un Etat palestinien. Cela fait très longtemps que certains d’entre nous pensent ainsi.

Q - (...) Une question pour vous Monsieur le Ministre, si vous le permettez. Vous avez rencontré aujourd’hui la femme de Marouane Barghouti, est-ce lié à votre projet d’aborder aussi la question de Gilat Shalit pendant votre séjour ?

(...)

R - J’ai en effet rencontré la femme de Marouane Barghouti. J’ai fait part du rôle joué par ce dirigeant dans le passé, que tout le monde connaît, un rôle historique par rapport au destin du peuple palestinien et j’ai souhaité qu’il continue de le jouer. Il est bien naturel que je rencontre sa femme puisque Marouane Barghouti est en prison. Mais, cela n’a pas grand chose à voir avec la libération nécessaire de Gilat Shalit. Nous insistons à chacune de nos rencontres dans la région avec la libération nécessaire de Gilat Shalit, et nous continuons de façon très claire à l’exiger.

Q - Est-ce que la libération de Salah Hamouri,le Palestinien français emprisonné en Israël, est aussi nécessaire que celle de Gilat Shalit ?

R - Nécessaire n’est pas le mot. C’est en effet, en tous cas, une exigence que nous présentons, aussi, à chaque fois, à nos amis israéliens./.

Point de presse du Ministre des Affaires étrangères et Européennes, M. Bernard Kouchner, avec les correspondants locaux de la presse française

Ramallah, 16 février 2008

C’est difficile parce que nous pensions que les projets nés de la Conférence de Paris et nés des propositions du Premier ministre M. Salam Fayyad, pourraient être mis en œuvre plus vite. Il faut se résigner et continuer. Il faut que la pression soitgrande pour que ces projets, aussi bien à Gaza d’ailleurs qu’en Cisjordanie, soient mis en œuvre. Cela n’est pas évident, mais deux mois et demi dans l’histoire des 60 ans de cette région, ce n’est pas beaucoup.

Q - Concrètement qu’est-ce qui bloque et qui empêche la mise en place de ces projets dont vous parlez, notamment ceux de Gaza ? Le blocus qu’impose Israël sur la bande de Gaza ?

R - Non, c’est différent. Parlons de Gaza et de la Cisjordanie de façon différente parce que je crois qu’il faut absolument que l’accès à Gaza soit simple et facilité. J’espère que cela va se faire pour que la population de Gaza ne souffre pas autant qu’elle ne souffre actuellement.

Q - Vous avez dit que cela n’est plus supportable ?

R - Je crois que cela n’est pas supportable pour les Palestiniens et, encore une fois, nous ne faisons pas de différence entre les Palestiniens de Gaza et les Palestiniens de Cisjordanie. Simplement, en Cisjordanie, la situation est meilleure. De toute façon, je veux dire que cela va mieux et je pense que les projets pour la Cisjordanie, comme pour Gaza, devraient démarrer maintenant.

Le projet, par exemple, de l’épuration des eaux à Gaza n’est pas le même que le projet agricole - un des projets que l’on doit mettre en œuvre le long du Jourdain. Tout cela traîne et c’est difficile à accepter. En même temps, le Quartet, la Commission européenne, la France et la Norvège n’arrivent pas à faire démarrer les projets que nous avons financés au moment de la Conférence de Paris. Nous avons l’argent, il faudrait que cela démarre. Ne me croyez pas complètement négatif, mais il faut beaucoup d’obstination.

Q - Que peut la France ?

R - La France est responsable de la Conférence de Paris et de son suivi. Il faut que nous insistions auprès des Israéliens et des Palestiniens pour que le démarrage de ces projets ait lieu. Cela n’est pas commode, la cohabitation est difficile. C’est la confiance qui manque, la confiance dans ce processus d’Annapolis qui a été bâti par les Américains. Nous n’avons pas encore ce mouvement de confiance dans les opinions publiques, chez les militants, de parts et d’autres qui pourraient le soutenir, il faut le créer.

Q - Est-ce que vous avez identifié où cela bloque ?

R - Cela bloque chez les Israéliens, cela bloque aussi en ce qui concerne la sécurité chez les Palestiniens. Il y a des progrès qui sont faits, ils ne sont pas suffisants pour déclencher ce mouvement de confiance et pour faire que les projets de M. Salam Fayyad, avec leur financement, soient mis en œuvre.

Q - Comment sortir concrètement de cette impasse ?

R - En continuant, en espérant et en sachant que, de toute façon, il n’y a pas d’autre solution.

Les Palestiniens et les Israéliens se connaissent très bien. Ce qu’ils négocient, cela fait 60 ans qu’ils le font et ils savent très bien qu’il n’y a pas d’autre solution et qu’un jour cela viendra. Malheureusement, plus tard cela viendra et plus il y aura de morts, plus il y aura d’affrontements. Nous le savons mais il ne faut pas désespérer car nous savons également qu’il n’y a pas d’autre solution qu’un Etat palestinien à côté de l’Etat d’Israël.

Il est intéressant de voir qu’à la Conférence de Paris, pour la première fois, était inscrit : ’’pour l’Etat palestinien’’. C’est tout de même la création d’Annapolis, c’était un espoir. Deux mois et demi plus tard, nous avons un tout petit creux.

Q - Combien d’argent a été versé deux mois après la Conférence de Paris ?

R - Il y a plusieurs parties. La France a versé 24 millions d’euros pour le budget des mois de janvier et de février. Il y a une partie importante pour le financement des projets et de l’argent pour le volet humanitaire. Tout est classé. Nous avons de l’argent, nous avons les projets, mais ce n’est pas à nous de les mettre en œuvre tout de suite. Il y a, par exemple, un projet sanitaire dans les Territoires palestiniens que nous allons, je l’espère, soutenir très vite.

Il y a des projets qui iront plus vite que d’autres mais les grands projets, en particulier la station d’épuration ou la reconstruction en Cisjordanie, traînent un peu.

Q - Abou Mazen est-il optimiste quant aux discussions avec Israël ?

R - Oui, il me dit qu’il est optimiste et que les discussions se passent bien.

Q - Monsieur le Ministre, le 23 janvier dernier, le Hamas a fait voler en éclat la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte, est-ce que vous avez abordé le sujet avec le Président Abbas et qu’est-ce qui a été dit ?

R - Ce qui a été dit, c’est qu’il y a une proposition de l’Autorité palestinienne pour que soit repris, comme il a été prévu en 2005, le contrôle des points de passage afin qu’ils soient beaucoup plus ouverts, plus aisé. Cette proposition, acceptée par la Ligue arabe et l’Union européenne, doit être mise en œuvre très vite.

Q - Le Hamas ne l’a pas acceptée ?

R - Il faudra les convaincre.

Q - Vous dites que la situation est insupportable à Gaza, mais ceux qui détiennent les clés d’ouverture des points de passage à Gaza, on sait qui c’est !

R - Je viens de vous dire qu’il y a tout de même une proposition pour que les points de passage soient pris en charge d’une meilleure façon. J’espère donc qu’elle sera, elle aussi, mise en œuvre.

Si vous voulez que je dénonce les gens, cela ne servira strictement à rien, nous faisons tout ce que nous pouvons et je vous assure qu’il y a quand même des progrès qui sont faits, notamment l’idée de cet Etat palestinien qui était attendu depuis trente ans.

Q - Cela fait dix ans que l’on en parle aussi...

R - Mais cela fait même trente ans que certains en parlent. Simplement, cela n’était absolument pas au calendrier international, cela n’était pas une proposition ayant reçu l’accord de toute la communauté internationale.

Vous avez raison d’être impatient, moi aussi je le suis. Le problème, c’est de ne pas briser le petit outil que l’on a pour le moment et, surtout, l’espoir. On devra changer la condition de vie quotidienne des Palestiniens, c’est cela qu’il faut faire, et c’est la raison de ces projets.

Q - Les Israéliens sont-ils impatients de voir la création d’un Etat palestinien, d’après les contacts et les entretiens que vous avez eus avec vos homologues ?

R - Je crois que l’opinion publique israélienne n’a pas été suffisamment éveillée, parce qu’il y a eu trois échecs des antérieurs processus de paix, parce qu’il y a eu la Conférence de Madrid, les Accords d’Oslo, l’Initiative de Genève et que tout cela, finalement, s’est disloqué. Certes, le travail a été fait, beaucoup de solutions ont été apportées. Il faut maintenant reprendre ce mouvement et constater que les conférences d’Annapolis et de Paris n’ont pas suffisamment créé les conditions de la création d’un Etat palestinien. Il faut donc continuer./.

Entretien du Ministre des Affaires étrangères et Européennes, M. Bernard Kouchner, avec le quotidien palestinien Al Quds

Ramallah, 16 février 2008

Q - Y a-t-il un engagement des pays donateurs de transférer les fonds promis, lors de la Conférence de Paris, à l’Autoritépalestinienne ?

R - Les promesses des donateurs (7, 7 milliards de dollars) doivent naturellement se traduire dans les faits. La France, dès les tout premiers jours de janvier, a versé directement au budget palestinien, 35 millions de dollars qui ont permis de passer une période difficile et contribuer à assurer le salaire de janvier des fonctionnaires. Je comprends par ailleurs que de nombreux pays ont avancé leurs missions d’évaluation pour répondre au plus vite aux besoins palestiniens.

La France, avec les trois co-présidents de la conférence, veillera au respect des promesses des donateurs. Naturellement, celles-ci se transformeront d’autant plus facilement en versements que l’Autorité palestinienne respectera le programme économique de réformes qui a été validé à Paris et qui donne confiance à la communauté internationale.

L’idée même qu’il y ait un suivi régulier d’une conférence des donateurs réussie est une innovation majeure. Nous nous sommes engagés à le faire : nous poursuivons cet objectif.

Q - Pensez-vous que le nouveau projet européen de financement (PEGASE) de l’Autorité palestinienne pourrait contribuer à améliorer la conditions économique ?

R - Je rappelle que l’Union européenne est, de très loin, le premier donateur aux Territoires palestiniens. Je souhaite féliciter la Commission qui a su très rapidement définir et mettre en place un mécanisme successeur du TIM (Temporary International Mechanism). PEGASE présente l’avantage d’être adapté au programme de réformes palestinien, d’inclure divers secteurs d’intervention au-delà des secteurs sociaux et d’offrir des canaux divers de versements qui peuvent contribuer à rassurer les donateurs. J’estime donc que le mécanisme PEGASE peut effectivement contribuer à améliorer la situation économique. Il est complémentaire et non concurrent des autres mécanismes de transfert de fonds. La France, pour sa part, a versé directement son aide budgétaire bilatérale au ministère des Finances, mais elle contribue pour une part non négligeable (environ 17 %) au budget européen et donc indirectement à PEGASE.

Q - Avez-vous constaté une certaine amélioration des conditions économiques après la Conférence de Paris ?

R - Le fait que le gouvernement de l’Autorité palestinienne paye les salaires et les arriérés (à l’égard des entreprises et des fonctionnaires) a permis une reprise de la consommation, une hausse des dépôts bancaires, une diminution de l’endettement des ménages... D’autres signes tels que la consommation de ciment ou le taux de remplissage des hôtels confortent l’idée que la Conférence de Paris a en quelque sorte créé un choc de confiance.

Mais la situation économique et humanitaire à Gaza est particulièrement mauvaise. Les mesures de blocus mises en œuvre affectent directement l’ensemble de l’économie et des conditions de vie. D’autre part, les Territoires palestiniens souffrent, comme le reste de l’économie mondiale, d’une reprise de l’inflation (notamment de l’énergie et des produits alimentaires), ainsi que de la dépréciation du dollar.

Bien évidemment, une amélioration des conditions de circulation en Cisjordanie et vers Gaza est une condition nécessaire à une véritable reprise économique durable, comme le soulignentle FMI et la Banque mondiale. Nous appelons à la levée du blocus de Gaza. Il faut que les marchandises et les hommes puissent circuler. Je discuterai avec des représentants du secteur privé palestinien des difficultés auxquelles ils sont confrontés.

Q - Quel est le rôle de l’Europe en général, et de la France en particulier, dans la mise en place des décisions issues de la Conférence d’Annapolis pour résoudre le conflit entre Palestiniens et Israéliens ?

R - L’Union européenne et la France invitent très directement le gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne à respecter leurs engagements pris à Annapolis pour que la réalité sur le terrain change et que le processus de paix soit crédible. Les peuples doivent pouvoir y croire. Ces engagements sont simples.

Il s’agit principalement pour Israël de geler totalement la colonisation en Cisjordanie comme à Jérusalem-est, de démanteler toutes les colonies dites "illégales" et de rouvrir les institutions palestiniennes de Jérusalem-est, notamment la Maison d’Orient et la Chambre de commerce. On ne le redira jamais assez : la colonisation constitue un obstacle à la paix ; elle est contraire au principe de "l’échange de la terre contre la paix". L’Etat palestinien doit être viable pour exister véritablement. Le président George Bush l’a reconnu avec force, en soulignant qu’un Etat en "forme de gruyère" n’était pas envisageable. Les responsables israéliens le savent bien.

Pour l’Autorité palestinienne, il s’agit de faire des efforts très importants pour lutter contre les mouvements terroristes et réformer les services de sécurité pour qu’ils soient plus efficaces. Des progrès très encourageants ont été réalisés, à Naplouse notamment. Mais il faut aller plus loin. Les responsables palestiniens en sont conscients qui ont fait de la reprise en mains sécuritaire l’une de leurs toutes premières priorités.

L’Union européenne est un acteur majeur, en tant notamment que premier soutien financier aux Palestiniens. La France, en tant que présidente de l’Union européenne, à partir du 1er juillet 2008, se fixera des objectifs ambitieux pour aboutir à une résolution du conflit.

Q - A votre avis, la création d’un Etat palestinien aura-t-elle lieu au cours de l’année 2008 ?

R - La France espère qu’un Etat palestinien verra bien le jour en 2008. Mais la France ne fait pas qu’espérer, elle agit pour que ce projet, ce rêve voie le jour très rapidement. Beaucoup de conditions favorables sont réunies pour qu’un Etat palestinien viable soit établi rapidement. Nous avons - des deux côtés - des dirigeants responsables et compétents qui partagent le même objectif, nous avons un plan de réforme des institutions et de développement économique qui est soutenu par la communauté internationale, nous avons enfin le financement nécessaire et le soutien politique, grâce à la Conférence de Paris, pour mener à bien ce projet de création d’un Etat viable.

Je ne vois pas quelle seraient les raisons qui retarderaient la réalisation de cet objectif. Israël doit se rendre compte que c’est maintenant son intérêt. Je n’oublie pas Gaza, mais je pense qu’une amélioration rapide des conditions de vie en Cisjordanie et la perspective d’un accord de paix permettront de faire évoluer positivement la situation à Gaza.

Q - Comment jugez-vous les relations entre la France et l’Autorité palestinienne ? Quelle aide la France peut-elle apporter aux Territoires palestiniens ?

R - La relation entre la France et l’Autorité palestinienne est excellente. C’est d’ailleurs pourquoi le président Abbas et le Premier ministre Fayyad nous ont demandé d’organiser la conférence des donateurs à Paris. Nous avons travaillé en parfaite entente pour la préparation de cette conférence et continuonsàle faire. Le succès de la conférence des donateurs est un succès conjoint.

L’aide française prend des formes très variées en réponse aux demandes palestiniennes : aide budgétaire directe, aide aux projets (dans le secteur de l’électricité, de l’eau, de la gestion municipale, de l’agriculture, etc.), aide technique (en matière de gestion des finances publiques ou dans le domaine de la sécurité), aides alimentaire et humanitaire destinées en premier lieu à Gaza. Entre 2007 et 2008 la France a sensiblement augmenté le niveau de son aide aux Territoires palestiniens. De 2008 à 2010, cette aide s’élèvera à 300 millions de dollars. Nous sommes l’un des tout premiers bailleurs bilatéraux aux Territoires palestiniens.

Nous sommes très présents sur le terrain, à travers notamment le réseau de nos centres culturels, à Jérusalem-est, Ramallah et Naplouse ; à travers l’Alliance française de Bethléem que j’ai prévu de visiter pendant ma visite ou l’Association d’échanges culturels Hébron-France que nous soutenons ; à travers enfin notre Centre culturel de Gaza, dont le prochain déménagement dans un nouveau bâtiment que nous allons construire constitueen soi un message d’espoir, culturel et politique, pour tous les Palestiniens. Avec notre appui, la langue française qui progresse est en train de s’imposer comme l’une des premières langues étrangères enseignées dans les écoles.

Cette articulation entre présence sur le terrain au plus près des populations et soutien structurel à l’Autorité palestinienne est ce qui fait la spécificité de la coopération française.

Q - Pensez-vous que le déploiement d’une force internationale dans la bande de Gaza puisse résoudre les problèmes palestiniens ?

R - Non, je ne pense pas qu’une force internationale déployée à Gaza soit aujourd’hui la solution aux problèmes de Gaza. Ce n’est pas ainsi que la France conçoit l’idée de force internationale.

Je vous rappelle les mots que le président de la République a utilisés lors de la Conférence des donateurs pour l’Etat palestinien, le 17 décembre : "La France propose le déploiement, le moment venu et lorsque les conditions en seront réunies, d’une force internationale qui viendrait en appui aux services de sécurité palestiniens."

Aux yeux de la France, le déploiement d’une force internationale doit s’inscrire dans la perspective d’un accord de paix, accompagner un retrait de l’armée israélienne des Territoires palestiniens et aider au renforcement des services de sécurité palestiniens. Elle est un facteur déterminant de la résolution du conflit israélo-palestinien./.


POINT DE PRESSE DU 12 FEVRIER 2008

(Confirmez-vous les informations indiquant que les Européens vont superviser la frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza ?)
’’Je vous confirme ce qu’avait décidé le dernier Conseil affaires générales dont je vous avais rendu compte. Nous sommes prêts à remettre en place la mission EUBAM d’observation des frontières mais nous avions dit que cela était soumis à l’accord préalable des pays concernés. Or, il n’y a pas aujourd’hui un tel accord.’’

(Confirmez-vous que l’aide financière obtenue à la Conférence des donateurs de Paris est versée. Il y a beaucoup de problèmes en Cisjordanie et les Palestiniens indiquent n’avoir rien reçu jusqu’à présent ?)
’’A ma connaissance les versements commencent. La France a notamment versé 24 millions d’euros. Le déplacement du ministre le week-end prochain dans la région sera l’occasion de pouvoir vous faire un point très précis de l’état des versements.’’

(Est que la France sera représentée à la réunion de Malte ?)
’’Je vous avais indiqué qu’elle serait dûment représentée. Je vous confirme aujourd’hui qu’elle est représentée par M. Jean Félix Paganon, directeur d’Afrique du Nord et du Moyen Orient.’’

(Peut-on avoir plus de détails sur le voyage de M. Kouchner au Proche-Orient et sur les objectifs de son déplacement ?)
’’Nous ferons une présentation détaillée vendredi. Ce voyage s’inscrit dans la suite des conférences d’Annapolis et de Paris. Il y a une dynamique qui s’est enclenchée, il y a des discussions en particulier entre M. Ehoud Olmert et M. Mahmoud Abbas, et nous souhaitons que ces discussionspermettent de progresser vers un accord qui clôturerait les négociations du processus de paix.’’


POINT DE PRESSE DU 08 FEVRIER 2008

(Israël indique qu’il va à nouveau diminuer les fournitures d’électricité à Gaza. De nombreuses organisations de défense des Droits de l’Homme, comme la FIDH, ont qualifié cela de punition collective contre la population civile de Gaza en représailles à l’action de quelques extrémistes responsables de l’attentat suicide de Dimona. Quelle est votre appréciation de cette nouvelle action d’Israël. Est-ce, d’après vous, une punition collective ?)

Nous sommes très préoccupés par la situation à Gaza. Nous le redisons tous les jours. Nous souhaitons qu’il soit mis fin au blocus qui touche une population déjà particulièrement affectée. J’ai rappelé hier que nous souhaitions que la situation des populations de Gaza puisse être améliorée, que des gestes soient faits pour cela et pour faciliter la circulation des biens et des personnes sans remettre en cause la sécurité d’Israël. Il faut aussi que cessent les tirs de roquettes. Une fois encore nous appelons toutes les parties à laretenue. Nous appelons à la cessation des violences et nous demandons que tout soit fait pour améliorer la situation des populations qui sont à Gaza, comme d’ailleurs dans l’ensemble des territoires palestiniens.

(A Ramallah, il paraît que le plan oecuménique approuvé lors de la conférence de Paris a été rejeté par une majorité de Palestiniens et que certaines mesures prises actuellement par le gouvernement palestinien le sont tout autant. Est-ce que vous pensez que le ministre va discuter de cela avec M Salam Fayyad ?)

Je n’ai pas d’informations particulières sur ce que vous dites. Nous soutenons pleinement l’autorité légitime palestinienne représentée par M. Mahmoud Abbas comme par M. Salam Fayyad. Il n’est pas question de remettre en cause le plan présenté par l’Autorité palestinienne qui a été particulièrement utile dans les travaux de la Conférence des donateurs et à partir duquel nous avons pu collecter, je vous le rappelle, 7,7milliards de dollars. Nous espérons que nous allons pouvoir enregistrer très vite sur le terrain des progrès dans la situation des populations en mettant en oeuvre de nombreux projets.

(Vous avez utilisé dans votre déclaration sur le Proche-Orient les termes "compromisdouloureux",unvocabulaire utilisé par les Israéliens depuis Ariel Sharon. Que signifie "compromis douloureux" pour la France ?)

Je vous renvoie à ce que je vous ai dit hier. Les "compromis douloureux", ce sont les efforts que tous doivent faire dans le cadre du processus de paix. J’ai parlé hier des efforts et des sacrifices. C’est dans ce sens là qu’il faut comprendre "compromis douloureux". Nous savons tous que dans une négociation de ce type, pour arriver à un règlement final il faut faire des compromis. Nous espérons tous qu’à l’issue de ces négociations, avec les efforts de tous, avec les compromis plus ou moins douloureux que tous auront consentis,on parviendra enfin à un règlement définitif qui se traduira par deux Etats viables, indépendants, démocratiques, qui pourront co-exister en pleine sécurité : l’Etat palestinien et l’Etat d’Israël.


POINT DE PRESSE DU 06 FEVRIER 2008

(Le ministre a demandé aux Israéliens de faire ’’ quelques sacrifices significatifs ’’ à l’égard des Palestiniens. Quels sont les gestes que vous considérez comme ’’ sacrifices ’’ de la part d’Israël ?)

’’Chacun sait qu’une négociation ne progresse que si tous consentent à des compromis. Dans le cas des négociations israélo-palestiniennes, il faudra faire des efforts et des sacrifices pour parvenir à un réglement final.

Dès aujourd’hui il est important de crédibiliser le processus de paix et l’Autorité palestinienne en gelant la colonisation et en améliorant significativement les conditions de vie des Palestiniens.

Le redémarrage de l’économie palestinienne passe par une amélioration de la circulation des personnes et des biens sans remettre en cause la sécurité d’Israël.

Des mesures symboliques contribueraient également à crédibiliser ce processus, comme la libération de prisonniers ainsi que la réouverture de la chambre de commerce palestinienne et de la maison d’Orient.’’


POINT DE PRESSE DU 04 FEVRIER 2008

’’La France condamne très fermement l’attentat perpétré aujourd’hui à Dimona dans le sud d’Israël. Elle adresse ses condoléances aux familles des victimes et toute sa sympathie au peuple israélien.

La France appelle à la poursuite, malgré les violences, des discussions en cours afin de faire avancer rapidement le processus de négociation israélo-palestinien, seul chemin vers la paix.’’


POINT DE PRESSE DU 01 FEVRIER 2008

(Pouvez vous faire des clarifications au sujet du problème à la frontière égypto-palestinienne. Le président égyptien a pris l’initiative d’inviter l’Autorité palestinienne et le Hamas. Le Hamas refuserait l’accord entre les Palestiniens, l’Egypte et l’Europe et souhaiterait négocier un nouvel accord ? Avez-vous des informations et des commentaires à ce sujet ?)

Je vous rappelle les commentaires que nous avons faits ces derniers jours et je vous renvoie en particulier à ce que les 27 ministres européens ont décidé au Conseil des Affaires générales et des Relations extérieures lundi à Bruxelles concernant la possibilité de faire jouer tout son rôle à la mission d’observation EUBAM-Rafah. Pour le reste, il y a eu la proposition de l’Autorité palestinienne de participer au contrôle des points de passage vers Gaza, qui reçoit notre soutien. Il y a la démarche menée par l’Egypte et ses contacts avec différentes parties pour trouver une solution au problème du point de passage de Rafah. Là aussi, nous soutenons cette démarche, comme nous soutenons de façon générale les efforts des pays arabes pour trouver une solution à Gaza. Par ailleurs, nous appelons Israël à rouvrir les différents points de passage entre Gaza et son territoire pour permettre l’acheminement des produits de base afin d’éviter une aggravation de la situation humanitaire. Comme cela a été dit lors de la Conférence des donateurs, l’assouplissement des conditions d’accès et de mouvement est l’une des conditions des engagements souscrits à Paris pour relancer l’économie palestinienne et construire un Etat viable.

(Le représentant du Hamas à Gaza a indiqué que son mouvement était en discussion avec l’Egypte au sujet de la situation économique et pour établir des liens entre la bande de Gaza et l’Egypte, comme ceux qui existaient avant 1967, c’est à dire sans contact avec Israël. Que pensez-vous de cela ?)

Je n’ai pas d’information particulière sur ce sujet. Je vous ai dit que nous appuyons les démarches de l’Egypte pour essayer d’aider à trouver une solution à la situation à Gaza. Je n’ai pas d’autres commentaires.

(Est-ce que les autorités françaises sont en négociation directe avec l’Autorité palestinienne concernant le passage de Rafah ?)

Non, pas à ma connaissance.

(Comment expliquez-vous alors la venue du ministre de l’Intérieur palestinien à Paris ?)

Sa visite fait partie des contacts réguliers./.

publié le 23/07/2008

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