Visite du Premier ministre à Jérusalem et dans les Territoires palestiniens - Conférence de presse conjointe du Premier ministre avec son homologue palestinien Rami Hamdallah

Visite du Premier ministre à Jérusalem et dans les Territoires palestiniens - Conférence de presse conjointe du Premier ministre avec son homologue palestinien Rami Hamdallah

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Conférence de presse conjointe
Propos introductifs du Premier Ministre, Monsieur Manuel Valls

J’avais déjà eu le plaisir d’accueillir le Premier Ministre palestinien et une partie de son gouvernement à Paris en septembre 2015. J’avais aussi eu le plaisir de rencontrer le Président de l’Autorité palestinienne lors d’une rencontre à Paris avec le Président de la République le 15 avril dernier. Nous avons convenu que ces réunions de haut niveau entre nos deux gouvernements devaient bien évidemment se poursuivre.

Nous venons d’avoir avec Rami Hamdallah une discussion approfondie, chaleureuse, amicale à l’image des liens qui unissent la France et la Palestine. Nous avons bien sûr évoqué en détails la situation dans les Territoires palestiniens, les difficultés quotidiennes auxquelles est confrontée la population et je veux rappeler ici notre très grande détermination à favoriser par tous les moyens une remobilisation de la communauté internationale s’agissant d’un conflit dont les violences récentes nous rappellent l’actualité brulante. Les progrès de la colonisation affaiblissent chaque jour les perspectives de création d’un Etat palestinien viable. Nous ne pouvons plus attendre sans agir, nous ne pouvons pas accepter cet immobilisme et ce statu quo.

Depuis le début de ma visite en Palestine, j’ai multiplié, je le rappelais au Ministre, les rencontres avec des personnalités venant d’horizons divers. Personnalités religieuses de Jérusalem, leaders de la société civile, élus ou représentants de Bethléem. Tous font passer les mêmes messages : la dégradation des conditions de vie des Palestiniens, l’absence d’espoir, les risques de violence, une jeunesse sans avenir, une solution fondée sur deux Etats qui s’éloigne et ces contacts ont renforcé ma conviction que nous devons tout faire pour relancer le processus de paix. Bien sûr, par ailleurs, la France doit se tenir à vos côtés pour vous aider à bâtir les infrastructures et les institutions dont vous avez besoin. Nous avons fait le point sur nos projets : la conférence ministérielle à Paris le 3 juin prochain pour créer cette dynamique politique. Jean-Marc Ayrault, Ministre des Affaires étrangères était ici il y a une semaine pour préparer ce rendez-vous important, et j’ai dit aussi que la France était sensible au soutien porté par les Palestiniens à cette forte initiative pour conclure, construire cette solution fondée sur deux Etats.

Le Premier ministre m’a fait part en détail de tous les défis que l’Autorité palestinienne doit confronter : les questions de sécurité, le contexte budgétaire et économique difficile, les réformes engagées pour consolider les institutions palestiniennes, la question aussi de la réconciliation inter-palestinienne. Donc j’ai souligné que dans ces moments difficiles, les Palestiniens savent qu’ils peuvent compter sur le soutien de la France. Nous serons toujours très fortement engagés aux côtés du peuple palestinien à travers notre coopération bilatérale. Certains s’interrogent « pourquoi cette initiative, pourquoi cette présence, pourquoi cet engagement ? ». D’abord parce que nous pensons que la paix est indispensable à la stabilité et la sécurité de la région, parce que nous, Français et Européens, savons que notre propre sécurité, notre propre stabilité, passent par la paix dans la région, la paix entre Israéliens et Palestiniens.
Mesdames, Messieurs, comme je l’ai fait lors du séminaire intergouvernemental de septembre, j’ai assuré le Premier ministre Hamdallah de notre détermination à maintenir le niveau de notre soutien financier à la Palestine. Cette aide est multiforme : nous venons de signer la première tranche de notre aide budgétaire au titre de 2016, plusieurs projets de coopération importants sont également en cours, j’ai eu l’occasion de visiter l’un d’entre eux hier à Bethlehem. Deux conventions de financement viennent d’être signées avec l’Agence françaises de développement pour des projets qui contribueront à l’amélioration de la vie quotidienne de la population notamment dans le domaine de l’eau en Palestine et notamment puisque c’était l’objet de l’une des conventions, à Hébron. Nous avons aussi fait le point sur un projet qui nous tient beaucoup à cœur, le projet de lycée Français à Ramallah qui est maintenant sur les rails et nous espérons que les premiers élèves pourront être accueillis à la rentrée 2017.

Comme vous le voyez, nous avons consolidé aujourd’hui les bases d’une coopération déjà très dense. Je forme vraiment le vœu très sincère que celle-ci continue de se développer au service de l’objectif, encore une fois, de deux-Etats auquel la France ne renoncera pas et pour laquelle elle continuera à se mobiliser. Pour finir, je veux dire à mes amis palestiniens que la France joue et jouera son rôle. Toutes les discussions que j’ai eues avec tous les acteurs vont dans ce sens et c’est vrai aussi du côté israélien qu’en rencontrant les intellectuels, des hommes et des femmes de culture, des leaders de l’opposition, chacun attend beaucoup de la France.

La France est un messager optimiste, je dis bien optimiste qui n’a qu’une seule obsession : la paix pour nos amis Palestiniens comme pour nos amis Israéliens. Vous pouvez compter pleinement, Monsieur le Premier ministre, sur cet engagement sincère, fraternel et durable et au nom de même des valeurs, vous le rappeliez qui sont les nôtres, liberté-égalité-fraternité, laïcité, vous venez de rappeler quelle est la composition de votre gouvernement également et donc comptez bien sur l’engagement de la France.

publié le 15/11/2016

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