Visite en France de M. Mahmoud Abbas (27 et 28 avril 2006)

Elle intervenait à un moment crucial, où le Quartet et notamment l’Union européenne demandent au nouveau gouvernement palestinien dirigé par le Hamas de renoncer à la violence et de reconnaître Israël, ainsi que les accords d’Oslo. Lors de sa visite, M. Mahmoud Abbas a soutenu l’idée d’un fonds fiduciaire géré directement par la Banque mondiale. Le 3 mai, par lettre, le Président de la République, M. Jacques Chirac, a fait part aux membres du Quartet et à Israël, du soutien de la France pour la mise en œuvre de ce fonds.

La visite de M. Mahmoud Abbas

Le 28 avril, M. Abbas a été reçu par le président de la République.

Le président de l’Assemblée nationale a offert un dîner en son honneur le 27 avril.

M. Mahmoud Abbas s’est entretenu avec M. Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères, lors d’un déjeuner de travail le 28 avril.

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Entretien au Palais de l’Elysée, le 28 avril 2006

Cette visite était la deuxième du président de l’Autorité palestinienne en France depuis son accession à la tête de l’Autorité palestinienne en janvier 2005. Elle intervenait à un moment crucial, où le Quartet et notamment l’Union européenne demandent au nouveau gouvernement palestinien dirigé par le Hamas de renoncer à la violence et de reconnaître Israël, ainsi que les accords d’Oslo.

La question des modalités de la poursuite de l’aide internationale aux Palestiniens a été au cœur de ces entretiens. Comme l’a souligné le président de la République, il est important de réfléchir à ces modalités afin de poursuivre l’aide à la population palestinienne qui est une nécessité pour des raisons politiques, humanitaires et économiques.

La visite a permis d’évoquer l’évolution politique interne dans les Territoires palestiniens et les perspectives de reprise d’un processus politique négocié entre Israéliens et Palestiniens. Les autorités françaises ont réitéré leur soutien à Mahmoud Abbas dans son action.

Les déclarations officielles

- Propos liminaires de M. Jaques Chirac et du président de l’autorité palestinienne, M. Mahmoud Abbas (Paris, 28 avril 2006)

"S’agissant du problème de l’aide au peuple palestinien, aide humanitaire, aide technique, la France estime que cette aide doit être maintenue, pour des raisons humaines ainsi que politiques. Elle plaidera ce maintien auprès de la communauté internationale et notamment, auprès de l’Union européenne. Bien entendu, nous allons en discuter avec le président Mahmoud Abbas de façon à déterminer les modalités les mieux appropriées pour que la distribution de cette aide soit à la fois juste et équitable. Et nous souhaitons le faire en étroite coopération avec le président de l’Autorité palestinienne."

- Entretien de M. Philippe Douste-Blazy avec "France-Inter", "I-Télé" et "Le Point" (Paris, 28 avril 2006)

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M. Mahmoud Abbas et M. Douste-Blazy
M. Mahmoud Abbas s’est entretenu avec M. Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères, le 28 avril.

"... c’était l’objet de la conversation que nous avons eue tout à l’heure avec Mahmoud Abbas au Quai d’Orsay : trouvons les solutions pour ne pas arrêter l’aide aux Palestiniens ! Je rappelle quand même que les choses ont été beaucoup caricaturées : il y a 250 millions d’euros que donnent les Européens aux Palestiniens, dont 160 millions d’euros d’aide humanitaire qui n’ont jamais été remis en cause. Et puis il y a 100 millions, en effet, qui ont été suspendus pendant un mois et là, on a dit, un peu rapidement, "les Européens laissent tomber les Palestiniens". Même cela, je crois qu’il ne faut pas le faire, il faut payer les fonctionnaires. Il y a une possibilité par l’intermédiaire de la Banque mondiale."

Les propositions de la France pour améliorer la situation dans les Territoires palestiniens (4 mai 2006)

La France continuera à soutenir les Palestiniens pour la réalisation de leurs aspirations légitimes à un Etat palestinien vivant côte à côte avec Israël dans la paix et la sécurité. Elle réitèrera à cette occasion sa volonté d’encourager les deux parties israélienne et palestinienne à reprendre le chemin des négociations.

La France travaille actuellement sur un ensemble d’idées qu’elle compte évoquer prochainement avec ses partenaires européens :

- le maintien, voire l’accroissement de l’aide humanitaire,
- le maintien de l’aide-projet, qui pourrait transiter par des canaux appropriés,
- un soutien accru aux services de la présidence de l’Autorité palestinienne,
- la création d’un fonds fiduciaire, qui pourrait par exemple être géré par la Banque mondiale, afin de permettre le paiement des salaires.

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Accueil de M. Mahmoud Abbas par M. Jacques Chirac
(cour du palais de l’Elysée, 28.04.2006)
Photo : © F. de la Mure/MAE

Lors de sa visite en France, le président de l’Autorité palestinienne, a soutenu l’idée d’un fonds fiduciaire géré directement par la Banque mondiale, qui pourrait procéder au paiement des salaires des fonctionnaires, dont dépendent les conditions de vie de près d’un tiers de la population palestinienne.

Le Président de la République, M. Jacques Chirac, a adressé une lettre au Secrétaire général des Nations Unies, au Président des Etats-Unis, au Président de la Fédération de Russie, au Chancelier autrichien et au Premier ministre israélien pour leur faire part du soutien de la France pour la mise en œuvre de ce fonds.

- Lettre de M. Jacques Chirac, Président de la République, adressée à M. Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies (Paris, 3 mai 2006)

Monsieur le Secrétaire général,

Cher Kofi,

J’ai reçu le 28 avril M. Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne. Il a souligné auprès de moi l’imminence d’une crise humanitaire, économique et sociale sans précédent dans les Territoires palestiniens, en grande partie du fait de l’incapacité dans laquelle se trouve l’Autorité palestinienne, depuis deux mois, de procéder au versement des salaires des fonctionnaires.

Une action est donc nécessaire, et même urgente. La communauté internationale a une responsabilité politique à laquelle elle ne doit pas se dérober.

Face au risque et aux conséquences qui peuvent en découler, nous devons mettre sur pied un mécanisme permettant, dans le respect de la légalité internationale et des principes agréés par le Quartet, de répondre à la nature et à l’urgence de la crise qui menace.

Le président palestinien a soutenu l’idée d’un fonds fiduciaire géré directement par la Banque mondiale, qui pourrait procéder au paiement des salaires des fonctionnaires, dont dépendent les conditions de vie de près d’un tiers de la population palestinienne. La Banque possède les ressources, les agences et le personnel pour la mise en place rapide d’un tel mécanisme.

J’ai assuré le président palestinien du soutien de la France pour la mise en œuvre de ce fonds.

Je connais le rôle éminent joué par les Nations unies dans la gestion de la question palestinienne, la présence et le soutien économique et social considérable apportés sur le terrain par les agences de l’ONU, qui font un travail remarquable reconnu de tous.

Aussi je ne doute pas que vous partagerez mon analyse, que vous serez sensible à cette situation inédite dans les Territoires, pour laquelle nous devons être à la hauteur de nos ambitions et de notre engagement.

La prochaine réunion du Quartet, le 9 mai, doit être l’occasion de prendre une telle décision, car elle permettra de réaffirmer aux yeux de tous l’unité de la communauté internationale, son soutien à la population palestinienne, et son engagement pour l’établissement d’une paix juste et durable dans la région.

Je vous prie de croire, Monsieur le Secrétaire général, en l’assurance de ma haute considération.

Bien amicalement./.

(Mentions manuscrites en italique)

(Source : site Internet de la présidence de la République)

publié le 04/07/2011

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